Accès à l’eau potable, commercialisation de cajou Les populations du Hambol broient du noir

La campagne de commercialisation de la noix de cajou dans la Région du Hambol est quasiment à l’arrêt. Des producteurs et autorités politiques que nous avons interrogés en marge d’une série de manifestations politico-économiques, n’ont pas manqué d’exprimer inquiétudes et espoir…



«Certes tout n’est pas parfait, mais tout va mieux». Propos du ministre de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’Etranger, Aly Coulibaly. C’était le samedi 7 juillet 2018 à Dabakala. Lors d’un meeting d’hommage à Alassane Ouattara. Et pourtant, dans la région du Hambol qui est composée entre autres des départements de Katiola et Dabakala, les populations ne sont pas en phase avec les propos des élus locaux dont l’un d’entre eux lâche que « le peuple Djimini-Djamala n’avait pas de doléances à faire, parce que le gouvernement était au parfum de leurs préoccupations». En claire, les élus disent que tout va mieux alors que sur terrain, ça ne va pas. D’abord en ce qui concerne la noix de cajou. Sa commercialisation est quasiment à l’arrêt sur le terrain. En tout cas, les propos des populations interrogées aussi bien à Dabakala qu’à Niemene en disent long.


Touré Yacouba cultivateur à Nansoulo, dans la sous-préfecture de Foumbolo est formel. «Nous avons produit cette année, beaucoup d’anacarde. A l’ouverture de la campagne, les choses allaient bien. Malheureusement, à un moment donné, nous avons commencé à rencontrer des problèmes. Il n’y a plus d’acheteur chez nous et nous avons une bonne partie de notre production sur la main. Dans la zone de Foumbolo, à ce jour, vous pouvez faire deux à trois remorques de noix de cajou. Nous ne comprenons rien, les pisteurs nous proposent 250, voire 200Fcfa le Kg pendant que le Conseil du coton et de l’anacarde maintient le prix planché de 500Fcfa par Kg. C’est vraiment dramatique et nous ne comprenons rien. Qu’on nous achète nos produits au prix indiqué à l’ouverture de la campagne.

Nous avons notre production stockée et on ne sait que faire… Nous ne sommes pas loin de la rentrée scolaire…» s’interroge M. Touré. Tout comme lui, M. Karidioula est cultivateur à Takana, village voisin de Niéméné qui se trouve être le village natal du ministre Aly Coulibaly. Très amère, le quinquagénaire Grambouté Bamory, ajoute : «Nous avons de sérieux problèmes sur le terrain. Il n’y pas d’acheteur. Nous ne comprenons rien. Mon grand-père a moins une tonne stockée. Dans mon village à Takana, le stock disponible peut atteindre deux remorques. Nous ne savons pas ce qui se passe.Le prix qu’on nous propose ne fait pas notre affaire». Pour le maire Ouattara Souleymane, la mévente de l’anacarde constitue une préoccupation majeure pour les populations, notamment les jeunes à qui il est demandé de s’investir dans la culture de l’anacarde. «C’est une préoccupation que nous avons posée aux hautes autorités. Nous nous sommes engagés dans la diversification des cultures, voire l’élevage. Il ne faut pas se mettre seulement sur une seule culture, il faut aller à la diversification.


Il n’y a pas que l’anacarde, mais la mévente crée déjà d’énormes problèmes. Nous essayons d’expliquer ça au gouvernement», lâche-t-il. Dans le département de Katiola le maire, Thomas Camara, ne manque pas de se féliciter du fait que le Hambol soit la première région productrice de noix de cajou. Les mêmes difficultés sont soulevées par les producteurs Mais que dit le Conseil du Coton et de l’anacarde en ce qui concerne la mévente de l’anacarde dans les zones de production ? La Direction générale du Cca est bien informée de la situation qui prévaut sur le terrain. « Nous savons ce qui se passe dans les zones de production. Dans la seule région du Hambol, le stock disponible est d’environ huit mille tonnes. Nous avons à la faveur d’une tournée de sensibilisation, demandé aux producteurs de bien sécher et bien conserver leurs productions dans de bonne condition. Le marché mondial connait une chute des cours de la noix de cajou. Au Viêt-Nam, près de 80% des usines de transformation sont à l’arrêt. Il faut atteindre un peu(…) », nous a indiqué le docteur Coulibaly Adama, Dg du Conseil du Coton et de l’Anacarde joint par téléphone.

Difficile accès à l’eau et mauvaise qualité de l’électricité

Dans le département de Dabakala, les ménages connaissent des baisses de tension régulière au niveau de la fourniture de l’électricité. : «Dabakala est en bout de ligne et on connaissait sans cesse une baisse de tension au niveau de la fourniture de l’électricité. Avec ce poste, nous allons assister à une amélioration de la situation au niveau de l’électrification de la région .En plus, ça va donner une certaine quantité d’énergie qui permettra si possible, l’industrialisation de région», révèlele maire Ouattara Souleymane. Mais il n’y pas que l’électricité. Nous avons aussi la question de l’adduction en eau potable et l’état du réseau routier. A cette préoccupation, Ouattara Souleymane, le maire de Dabakala invite à la patience. Toutefois, il reconnait que ses administrés sont confrontés à un manque d’eau. «Le Premier ministre a donné ce matin( le samedi 07 juillet 2018), le premier coup de pioche pour la réalisation de six kilomètres de bitume dans la commune. Mais en ce qui concerne l’eau, c’est difficile et il faut de gros investissements», dit-il. En attendant, des populations interrogées à Dabakala se plaignent de la qualité de l’eau quand il y en a dans les robinets. C’est à juste titre qu’elles attendent la fin des travaux de forage promis.

L’eau ne coule pas encore assez à Bouaké

Juste à côté, à Bouaké, tout ne baigne pas encore dans l’huile, malgré la pluie, le niveau d’approvisionnement en potable reste à améliorer. Car les forages réalisés dans le cadre des travaux d’urgence ne permettent pas de couvrir les besoins en eau potable la population dans certains quartiers de la ville. « Monsieur le journaliste, on vous a menti. Dans des quartiers de Bouaké il n’y pas d’eau. La seule solution durable c’est de raccorder Bouaké au Bandama. Les gouvernants savent ce qu’il faut faire pour soulager la population. C’est simplement une négligence», nous appris K. B, enseignant à la retraite. Que dire de l’état d’avancement du tronçon de 80 km Katiola – Ferkessédougou, pourtant très stratégique dans le commerce transfrontalier d’avec les pays de l’hinterland que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger ? A ce niveau, le cri de cœur des populations et des élus locaux ont été entendus et cela pourrait atténuer un tant soit peu, le phénomène des coupeurs de route. Mais en lieu et place de travaux neufs, sur le tronçon Bouaké- Ferkessédougou, voici ce qui est en train d’être fait comme nous l’a expliqué un confrère basé à Katiola. «Deux types de travaux sont en cours de réalisation. Il s’agit d’une part de travaux de point-à temps qui consiste à boucher les nids de poules. Pendant que la deuxième étape des travaux sera d’agrandir la voie et faire un revêtement lourd. Deux sociétés ont été retenues. L’une travaille à partir de Ferkessédougou et la seconde à partir de Bouaké. Les deux devraient se retrouver entre Kanawolo et Niakara. Avec une attention particulière sur réseau le tronçon très dégradé de dix km entre Niakara et Kanawolo. Avec les travaux en cours, la circulation devient un peu fluide», précise le confrère.


B M / letempsinfos

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