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Côte d’Ivoire : Enquête express dans la Marahoué, quand la petite monnaie se fait rare

La thésaurisation de la petite monnaie est l'une des causes de cette rareté. Depuis un certain temps, populations, opérateurs économiques, petits commerçants, vendeurs et vendeuses de marchandises diverses éprouvent des difficultés à obtenir la petite monnaie.
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Comment la situation est-elle vécue dans la Région de la Marahoué ? Comment se manifeste-t-elle et quelles en sont les causes ? Les commerçants, les chauffeurs de taxis communaux, de motos taxis et autres gérants de maquis et bars, vendeurs et vendeuses au marché ou dans les quartiers, boutiquiers et populations en situation de clients, ne savent plus à quel saint se vouer pour avoir la petite monnaie, 

Notamment les pièces de 5 FCFA à 200 FCFA voire 250 FCFA qui ont, comme par enchantement, disparu des échanges commerciaux dans la Région de la Marahoué.

Pour en savoir plus, nous entreprenons d'effectuer une promenade à travers les villes des trois départements, en taxis " wôrô wôrô " et moto taxis avant de nous retrouver chez les vendeuses de légumes, vendeurs de chaussures, d'habits et pour finir chez des restauratrices sans oublier les vendeurs d'Attiéké et de poisson thon appelé communément " Garba". Partout où nous sommes passés, le constat est le même: « Pas de monnaie ».

Pour emprunter un taxi ou acheter quelque chose, la même rengaine vous est servie, parfois avec désinvolture. « Avez-vous la monnaie ? », vous demandera-t-on avant toute opération. Il est onze heures d’un lundi de Mars 2019, lorsque nous nous engouffrons dans un taxi, au quartier des affaires, pour un autre quartier de la ville: Dioulabougou-marché Bouaflé. A peine sommes-nous installés que le chauffeur nous demande: « Monsieur, avez-vous la monnaie? ». Je lui réponds que « j'ai 500 FCFA ».

Et lui de rétorquer : « Désolé Monsieur, je n'ai pas de monnaie ». Nous remettons le couvert avec trois autres taxis, le résultat est le même. Quand le quatrième accepte de nous embarquer. Chemin faisant, il évoque la rareté de monnaie.

« II m'arrive de rouler plusieurs fois à vide à cause de la monnaie. Parfois, vous vous retrouvez avec des passagers qui ont tous des billets. Vous êtes obligés de faire toutes sortes de gymnastique pour vous en sortir si vous ne voulez pas perdre. On ne sait même pas où la petite monnaie est rentrée », se désole-t-il.

Après Dioulabougou-marché Bouaflé, nous mettons le cap sur le marché des vivriers de Zuenoula. Avec un billet de 500 FCFA pour un achat de 300 ou 400 FCFA, le vendeur ou la vendeuse entonnera le même refrain : « II n'y a pas de monnaie ».

Dame Tra Lou Gonézié nous raconte sa misère : « On ne trouve pas la monnaie. Ici au marché, pour une pièce de 100 FCFA, tu peux facilement perdre au moins trois clients avant d'avoir la monnaie ». Les autres vendeuses voisines, abondent toutes dans le même sens. « Le problème de jetons nous fatigue », déplorent-elles. Chez les gérants de maquis, la situation est identique. « Je peux passer deux jours sans voir de pièces de monnaie de mes yeux. Vraiment, on souffre avec les clients. D'autres même veulent nous frapper à cause de leur monnaie », explique Tanan Yelly, tenante de maquis-bar au quartier Foyer de Zuenoula.

Les caisses à jetons, la cause principale de la rareté de la monnaie dans la Région ? Selon plusieurs témoignages parmi lesquels celui de Yoda Salif, mécanicien de son état à Sinfra, les vendeuses de marchandises diverses sont à la base de cette situation avec ce qu’elles appellent les caisses à jetons.

« Aujourd'hui, toutes les commerçantes ont des caisses à la maison dans lesquelles elles déposent les jetons. Je sais de quoi je parle parce que ma femme en fait partie. Elle vend de l’attiéké au quartier et chaque fois qu'elle rentre à la maison, elle dépose dans sa caisse, plusieurs pièces de monnaie. Voyez dans nos différents quartiers combien il y a de femmes qui vendent seulement de l'attiéké. Si à ces femmes vous ajoutez des hommes qui font pareil, où voulez-vous qu’on aille trouver les jetons s’interroge-t-il. Ali Koné, couturier, pointe du doigt les églises, mosquées et autres lieux de cultes. « Les offrandes chez nous, à l'église, sont constituées en grande partie de jetons des fidèles.

Cet argent en pièces de monnaie ne circule pas et reste bloqué à l'église pendant un bon moment », fait-il remarquer. Ibrahima Kouyaté, chauffeur de taxi, lui accuse ses collègues qui à leur descente, échangent la monnaie contre quelques plaquettes de médicaments dans les pharmacies pouvant les remonter de la fatigue. Une situation forte dérangeante pour les populations de la Région de la Marahoué.

Paula K. avec Natacha Kouakou, Correspondant / Akody.com

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