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Exclusif : la BAD sommée par les Etats-Unis d’Amérique d’ouvrir une enquête indépendante

Le président américain Donald Trump (à gauche) et Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement, discutant après la photo de groupe du programme de sensibilisation du G7 lors de la deuxième et dernière journée du sommet du G7 à Taormina sur l'île de Sicile le 27 mai 2017 à Taormina, Italie.

L’affaire opposant le président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Akinwumi Adesina, et le groupe des lanceurs d’alerte, est loin de son épilogue.
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Dans une lettre datée du 22 mai 2020, le secrétaire d’Etat américain au Trésor, Steven Munchin, interpelle directement l’ivoirienne Kaba Nialé, présidente du conseil des gouverneurs, et ministre du Plan et du Développement: ” Chère madame, les Etats Unis d’Amérique ont reçu votre lettre du 5 mai 2020 dans laquelle vous donnez votre point de vue consistant à demander à ce que le conseil des gouverneurs adopte les résolutions du Comité d’Ethnique et exonère totalement le président de la BAD des allégations à son encontre”, rappelle le secrétaire d’Etat, qui émet des réserves sur les procédés du Comité d’Ethique.

En lieu et place de l’exonération proposée par Kaba Nialé, le haut fonctionnaire américain presse le conseil des gouverneurs de désigner un auditeur indépendant avec les standards requis pour conduire des investigations indépendantes sur les “chefs d’accusation” du groupe des lanceurs d’alerte. “L’évaluation indépendante des faits n’est pas une atteinte à la présomption d’innocence”, rappelle le patron du Trésor américain, habitué à défendre ses dossiers devant la commission bancaire du Sénat.

Aux yeux de Steven Munchin, les allégations des lanceurs d’alerte, datées du 19 janvier 2020, soulèvent suffisamment d’éléments pour interpeller tous les corps de contrôle de la Banque. Et le haut fonctionnaire américain d’insister encore : “toute dissimilation de faits de cette nature risque de ternir l’image de la Banque Africaine de Développement et jouerait contre son influence à l’avenir”. L’américain rappelant en outre que toute injection de fonds dans la banque, à l’instar de la dernière augmentation de capital, requiert chez beaucoup de pays un feu vert des parlementaires.

En clair, les Etats-Unis ne peuvent pas être d’accord avec l’abandon pur et simple, par pertes et profits, du dossier soulevé par les lanceurs d’alerte et estiment que cette affaire doit plutôt être l’occasion pour le conseil des gouverneurs de démontrer que la Banque prend au sérieux les règles de gouvernance, de transparence ainsi que les procédures anti-corruption. Et le secrétaire d’Etat au Trésor d’insister encore auprès de madame Nialé pour l’ouverture d’une “enquête indépendante et impartiale” dont l’issue ne pourra que renforcer la banque africaine.

Deuxième actionnaire de la BAD, derrière le Nigeria, et premier bailleurs de fonds du guichet Fonds Africain de Développement (FAD), qui sert 44 pays africains non éligibles au guichet central de la banque, l’Amérique a une voix qui compte tant auprès des membres non régionaux (les pays nordiques actionnaires de la banque partagent son point de vue sur ce dossier délicat) qu’auprès de l’assemblée générale dont la prochaine réunion, prévue fin août, promet d’être explosive.


Par Adama WADE

Source : www.financialafrik.com
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