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Lutte contre la pauvreté: La BAD et le HCR proposent une autre approche

Le taux de pauvreté en Côte d’Ivoire, selon les données officielle, est de 46,3%. Malgré l’embellie économique qui indique que le pays a une croissance de l’ordre de 9% depuis 2012, une frange importante de la société ivoirienne n’en bénéficie pas encore.
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C’est donc à raison que la Banque africaine de développement (Bad), en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr), qui accueillait la deuxième édition du Forum africain de la résilience (Far) les 8 et 9 février à l’immeuble CCIA, au Plateau, affirme que des milliards de personnes dans les pays en développement continuent de manquer de services pour répondre à leurs besoins fondamentaux tels que l’énergie, l’éducation, les soins de santé, l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement.

Pour débattre de ce sujet, un panel de haut niveau présidé par Mohamed Touré, expert du Hcr, a été organisé autour du thème « Construire la résilience au bas de la pyramide ».

Selon Solange Sanogo, directrice générale de l’Asapsu, une Ong spécialisée dans l’assistance médicale des populations les plus démunies, c’est tout à fait logique que le taux de croissance de la Côte d’Ivoire soit élevé et que les populations vulnérables n’en profitent pas car, cette croissance ne tient pas compte des plus pauvres. « La répartition des infrastructures n’obéit pas à la croissance démographique. Par exemple, il y a six universités publiques pour dix-neuf privées », a-t-elle soutenu.

Madame Sanogo a profité de l’aubaine pour dénoncer la politique étatique de santé curative qui, à l’en croire, est budgétivore pour peu de résultat. Elle préconise la politique de santé préventive qui, elle, permet aux populations les moins nanties de prendre conscience des gestes simples qui les met à l’abri de certaines pathologies.

Définissant le terme « résilience », Bertin Niamké, expert en diagnostic situationnel, a indiqué que c’est la capacité d’un métal à résister à une pression, un choc, sa capacité à s’adapter à un environnement, à s’allier à un autre métal. Ramené au plan humain, la résilience est la capacité pour une société donnée de résister aux chocs extérieurs, de s’adapter à une situation ou un environnement, de se reconstituer ou restructurer selon les conditions de vie.

De ce point de vue, « Construire la résilience au bas de la pyramide », le thème de ce panel, ramènerait l’État ou les organisations de la société civile à engager une politique d’éducation des populations les plus vulnérables de telle sorte que celles-ci prennent elles-mêmes en main leur environnement, s’approprient les politiques initiées par les décideurs pour améliorer leurs conditions de vie. C’est à prix, dit-il, que la croissance économique touchera le bas de la société.

L’Union africaine a donné son avis sur la question par la voix de Marie Mboundzi, chargée des questions humanitaires. Selon la diplomate, c’est la politique qui plombe les actions entreprises par les gouvernements. « Les recensements, la collecte de données sont perçus comme des opérations politiques. Ce qui les plonge davantage dans une précarité accentuée, et renforce leur marginalisation. Plus d’un milliard de personnes dans le monde en souffrent. Le taux de croissance grimpe, mais les pauvres augmentent », a-t-elle souligné. Il convient, par conséquent, de réadapter les programmes de développement aux réalités du terrain.

Quant au gouvernement ivoirien, il était représenté à cet aréopage par Marcellin Cissé, directeur général de la planification, du développement et de la coordination de l’aide au ministère du Plan et du Développement. Il a d’abord situé le seuil de pauvreté. « Le seuil de pauvreté est de 270 900 F par an et par personne. Quand vous n’avez pas ça, vous êtes considéré comme pauvre », a-t-il précisé. Pour lui, le gouvernement ivoirien fournit au quotidien des efforts pour améliorer les conditions de vie des populations. Ainsi, selon une enquête, 81% des populations ivoiriennes utilisent une source d’eau potable.

Il a souligné avec emphase les acquis du gouvernement qui se déclinent en avancements indiciaires des fonctionnaires, le recrutement d’agents handicapés, l’accroissement du revenu des paysans, l’augmentation du Smic, la Couverture maladie universelle. Il a terminé en indiquant que 30 000 salles de classe au primaire ont été construites de 2011 à aujourd’hui, 2000 localités électrifiées de 2012 à 2018, les dépenses pro-pauvres sont passées de 1080 milliards à 2291 milliards, un Plan national de développement 2016-2020 de 30 000 milliards reposant principalement sur le secteur privé.

Saint Tra Bi/Fratmat.info

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