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Accident de la route en Côte d’Ivoire : A qui la faute ?

Le 7 décembre 2017, Fraternité Matin titrait : « Importation de véhicules d’occasion. Le gouvernement fixe l’âge limite. Taxi : 5 ans. Minicars : 7 ans. Cars : 10 ans. Véhicule de tourisme : 5 ans ». C’étaient, comme l’avait si bien expliqué le ministre des Transports, Amadou Koné, des réponses appropriées pour :

« réduire la pollution par les émissions de gaz à effet de serre» que libèrent des véhicules. Il y en a plein qui roulent, en effet, sur les routes, en ville, à la campagne, partout, entraînant sur leurs passages d’épaisses nuages de fumée. Comme tracent dans le ciel des avions. Dans un pays où la moyenne d’âge du parc automobile se situe entre 16 et 20 ans, comment ne pas y voir là, une bonne décision de dépollution de l’environnement?
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« Réduire les accidents de la route » dus à la vieillesse de nombreux véhicules qui sont visiblement, à voir les pneus usés, la carrosserie rouillée par les ans, de véritables camions de la mort conduits par des chauffeurs et consorts dont la qualité première est l’indiscipline au volant.

Seulement voilà. En matière d’accident, la Côte d’Ivoire ne bat certes pas le record du monde, mais on en fait beaucoup, hélas. Malgré toutes les campagnes de l’Office de la sécurité routière (OSER), malgré toutes les indications routières rappelant la limitation de vitesse, malgré tous les appels à la prudence au volant. Il ne se passe guère de jour sans qu’un ou des accidents plonge (nt) dans la tristesse des familles. Avant-hier, hier, tout près de nous, sans doute même demain, ou ce soir, on en comptera encore.

La faute à qui ? Á l’âge des véhicules? Autant je souscris entièrement à l’avènement des véhicules aux âges normaux, autant je dis qu’avec toutes les voitures neuves du monde, dans les mains de ces nouveaux types de chauffeurs, on ne réduirait pas les accidents de la route. Sans doute même que la vieillesse des véhicules fait observer, à quelques-uns, de petites prudences qui ne nous sauvent pas des hécatombes, non plus. Comme on conduit si mal dans ce pays ! Le spectacle des camions de transport (Gbaka, wôrô-wôrô, cars) est ahurissant. Dans la course aux passagers, et donc au fric, à la recette « chap-chap », comme disent les apprentis, tout est possible.

C’est le lieu de se demander : qui a formé ces chauffeurs énervants, indisciplinés à souhait, irrespectueux du code de la route, qui lancent en permanence des défis aux forces de l’ordre sur les routes, impunément ? Quels sont les cours qui y sont dispensés ? Qui sont les moniteurs, pour produire en masse cette catégorie de chauffeurs qui ne respecte aucunement rien ? La peur du policier, du gendarme, ils s’en moquent. Parler des chauffeurs des voitures de transport qui offrent cette triste réalité, ne dédouane ou n’exclut guère une autre catégorie, nombreuse aussi : des particuliers. Au mépris des règles, on roule. L’actualité, d’ailleurs, nous en sert chaque jour. Et les preuves sont suffisamment parlantes, quand on lit encore le ministre des Transports : « Sur un parc auto estimé à 500 mille véhicules, seulement 70 mille ont passé le contrôle automobile». Moins de huit pourcent ! Et personne pour les arrêter de circuler !

Ils n’ont donc pas leurs pièces en règle. Et pourtant, on les retrouve dans la circulation! Et comment ça ne devait pas tuer, ou faire tuer, surtout dans les mains de ces nouveaux types de conducteurs ? Ce n’est donc pas la vieille voiture qui tue, c’est plutôt le chauffeur, jeune le plus souvent, mal formé, indiscipliné, au volant d’une vieille voiture, qui tue. Il faut sans doute penser au « chauffeur nouveau », en regardant de plus près les auto-écoles, ce qui s’y fait, afin que le permis de conduire ne soit pas synonyme du permis de tuer. On réduirait de beaucoup, assurément, les accidents.

Par Michel KOFFI
Fratmat.info
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