Côte d’Ivoire : Attaque militaire de N'dotré, Voici les dernières révélations du Procureur Adou Richard

Un infirmier marin, en fonction à l’HMA, a été interpellé, dans le cadre de l’enquête relative à l’attaque de la base militaire de N’dotré. Selon le Procureur de la République, Adou Richard Christophe, qui a livré l’information, vendredi 30 avril 2021 au cours d’une conférence de presse à la salle des Pas perdus au Palais de la justice à Abidjan, le nommé Yapoga S. F., infirmier marin de son état, “a reconnu appartenir à la bande organisée en vue de perpétrer l’attaque”.


Selon le procureur de la République Adou Richard, il poursuivit pour « Atteinte à l’autorité l’Etat, Attaque de la base militaire de N'dotré et la désobéissance civile ».

Le procureur a expliqué que le rôle de cet infirmier marin devait consister notamment à prodiguer des soins aux blessés et en amont, à fournir des renseignements propres à faciliter l’attaque. Sur l’enquête relative à l’attaque de la base militaire de N’dotré, 26 personnes en lien avec les faits dont 15 Ivoiriens, huit Camerounais et trois Libériens sont déjà dans les filets de la justice ivoirienne, a indiqué le procureur.

Propos liminaires

 Mesdames et messieurs de la presse, je voudrais d’entrée vous adresser mes sincères remerciements pour avoir répondu massivement, comme à l’accoutumée, à nos invitations à prendre part à nos conférences de presse. Celle de ce jour s’articulera autour de l’enquête relative à l’attaque de la base militaire de N’Dotré, de l’état des procédures ouvertes suite aux événements liés à l’élection présidentielle d’octobre 2020 et de la procédure concernant l’atteinte contre l’autorité de l’Etat du 23 décembre 2019. I-Sur l’enquête relative à l’attaque de la base militaire de N’Dotré.

Dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 avril 2021, aux environs de 01H00, des individus non identifiés, armés de fusils de type Kalachnikov, ont attaqué la base militaire des forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) dite « Bataillon projetable » sise à Abobo-N ’dotré, avec la ferme intention d’y pénétrer.

La riposte des sentinelles dudit camp, renforcée au cours des combats par d’autres forces, a permis de mettre hors d’état de nuire les agresseurs dont quatre furent mortellement touchés, les autres, en déroute, prenant la fuite.
Le bilan de cette attaque s’est établi comme suit :

- 04 assaillants tués, dont 02 de nationalité libérienne, 01 de nationalité ivoirienne et un dernier non identifié pour défaut de documents administratifs. 

- 01 blessé parmi les forces de défense et de sécurité ;
- du matériel militaire saisi, dont un appareil de communication entre les personnes présentes sur le théâtre des opérations et d’autres qui n’y sont pas.

L’enquête immédiatement ouverte à la suite de cette attaque et menée conjointement par diverses unités de Police Judiciaire a permis, à partir des téléphones des assaillants tués et de leurs carnets d’adresses, d’interpeller vingt-six (26) personnes en lien avec les faits, dont quinze (15) de nationalité ivoirienne, huit (08) de nationalité camerounaise, et trois (03) de nationalité libérienne.
Il convient de préciser que douze de ces vingt-six personnes ont été interpellées à Békipréa dans la Sous-préfecture de Daloa, alors qu’elles se repliaient sur la ville de Toulépleu après l’échec de leur opération.

Au nombre des interpellés, figure le nommé YAPOGA Séka Fulgence, infirmier titulaire du grade de premier Maître de la Marine nationale, en fonction à l’Hôpital Militaire d’Abidjan (HMA). Ce dernier a reconnu appartenir à la bande organisée en vue de perpétrer l’attaque. Son rôle devait consister notamment à prodiguer des soins aux blessés et en amont à fournir des renseignements propres à faciliter l’attaque.

Quant au couple GUEI Gérard et AKA Affia épouse GUEI, il a donné asile aux assaillants venus du Libéria selon leurs déclarations. Certains de ces assaillants, hébergés par leurs soins, ont été tués au combat quand d’autres ont réussi à fuir après être revenus au domicile du couple GUEI pour récupérer leurs effets personnels.

Le nommé KORE Seri Evariste, déjà interpellé, jugé et condamné pour les faits d’atteinte à la sûreté de l’Etat courant année 2016, a hébergé, une dizaine de personnes durant la période incriminée, sans explications convaincantes. Ces personnes, pour la plupart des anciens miliciens domiciliés à l’ouest du pays, ne justifient pas leur présence à Abidjan, alors et surtout que leur tuteur, désargenté, n’est manifestement pas en mesure de leur assurer le gîte et le couvert.
Le libérien Roesler Sayné Rabouc et son acolyte Tonali Joachin dit Jackson Doe ont, pour leur part, reconnu avoir été recrutés pour participer à des menées subversives.

Enfin, les ressortissants Camerounais, interpellés dans une résidence sise non loin du camp militaire objet de l’attaque armée, expliquent leur présence en ces lieux, en soutenant être venus participer à des séances de prières organisées par une prophétesse.
Déférés à mon Parquet, j’ai requis à l’encontre de toutes ces personnes, l’ouverture d’une information Judiciaire au dixième (10ème) Cabinet d’Instruction de la Cellule Spéciale d’Enquête des chefs :
D’atteinte à la défense nationale ;
D’attentat contre l’autorité de l’Etat ;
De participation à une activité mercenaire ;
De détention illégale d’arme à feu et de munitions de guerre.
Elles y ont toutes été inculpées et placées sous mandat de dépôt.
Les investigations se poursuivent en vue d’identifier, de localiser et d’interpeller toutes les personnes impliquées dans l’attaque de la base militaire de N’Dotré.

II-Sur l’état des procédures ouvertes suite aux événements liés à l’élection présidentielle d’octobre 2020
Pour rappel, le 20 septembre 2020, certains responsables de partis et groupements politiques de l’opposition ont lancé un appel à la désobéissance civile.

Cet appel à la désobéissance civile s’est traduit par la commission dans plusieurs localités du pays, d’actes constitutifs des infractions pénales ci-après :
Actes de terrorisme ;
Meurtres ;
Coups et blessures volontaires ;
Diffusion de nouvelles fausses ;
Incendie de moyen de transport public de     personnes ;
Destruction par incendie de véhicule appartenant à autrui ;
Vol et destruction du matériel électoral ;
Apologie des crimes de meurtre ;
Pillage et incendie ;
Destruction d’édifices ;
Troubles à l’ordre public ;

Entraves à la liberté de circuler par la pose de barricades de toute nature sur la voie publique.
La désobéissance civile s’est également traduite par un appel au boycott actif de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, à l’initiative de ces mêmes partis et groupements politiques de l’opposition.

Ce boycott actif a entrainé la commission par les partisans de ces partis et groupements politiques, de nombreux actes d’une particulière gravité, notamment l’empêchement du vote, des meurtres, des coups et blessures volontaires, des incendies volontaires, des destructions d’édifices et de biens, des entraves à la libre circulation des biens et des personnes, incitation à la haine et à la violence, diffusion de nouvelles fausses dans le but de créer des affrontements intercommunautaires, etc.

Les juges d’instruction saisis dans le cadre de l’information judiciaire ouverte à cet effet ont ordonné, les 28 et 29 avril 2021, la mise en liberté provisoire ou la mise sous contrôle judiciaire d’une centaine d’inculpés détenus.
Il convient de préciser que bien avant ces libérations plusieurs personnes avaient bénéficié d’une libération provisoire ou avaient été placées sous contrôle judiciaire.

A ce jour, 102 personnes pour lesquelles les investigations se poursuivent restent détenues.
Ces personnes pourraient bénéficier d’une mise en liberté provisoire ou éventuellement être placées sous contrôle judiciaire à la discrétion des juges.

III-Sur le jugement de la procédure d’atteinte à l’autorité de l’Etat du 23 décembre 2019
Pour rappel, les 23 et 24 décembre 2019, mon Parquet avait ouvert une information judiciaire contre:
- Monsieur SORO KIGBAFORI GUILLAUME et tous autres, pour présomptions graves de tentative d’atteinte contre l’autorité de l’Etat et l’intégrité du territoire national et de complot ;

- et Monsieur LOBOGNON AGNIMA ALAIN MICHEL et 14 autres pour diffusion de nouvelles fausses tendant à jeter le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement et ayant entrainé une atteinte au moral de la population et atteinte à l’autorité de l’Etat.
L’instruction judiciaire qui est achevée a abouti au renvoi de 08 personnes devant le Tribunal correctionnel et de 20 autres devant le Tribunal criminel.

L’audience devant le Tribunal correctionnel a débuté depuis le 16 avril 2021 et l’audience devant le Tribunal criminel est prévue le 19 mai 2021.

Je vous remercie
Fait à Abidjan, le 30 avril 2021
Le Procureur de la République



Blackson Dodo Sylvain, Correspondant/Akody.com

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