Publicite

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro a rendu sa démission, voici l’intégralité de son discours

Guillaume Soro a enfin rendu le tabouret de la Présidence de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, conformément aux vœux des cadres du RHDP. Cette démission qui viole les textes de la République a été rendue il y a quelques instants lors d’une session extraordinaire qu’il a convoqué, en début de semaine.  Ci-dessous l’intégralité du discours du désormais ex PAN de Côte d’Ivoire.
Publicite

« Mesdames et Messieurs les Députés, j’ai été saisi en vue de l’ouverture d’une session extraordinaire et ce conformément aux dispositions de l’article 95 de la Constitution. En conséquence et en application de l’article 95 alinéa 1 de la Constitution et de l’article 3 alinéa 5 du règlement de l’Assemblée Nationale, je déclare ouverte la première session de l’année 2019.

Mesdames et Messieurs, chers Collègues, ainsi que l’indique l’ordre du jour de la présente session, je voudrais vous faire connaître, avec précision, l’information ci-après.

Mesdames et Messieurs les Députés, l’information ci-après va être donnée. Chers Députés, l’heure a sonné ! En effet, le Président de la République, SE Alassane Ouattara, et moi-même avons convenu de la convocation d’une session extraordinaire en ce jour du vendredi 8 février 2019. Mes chers Collègues, quand il est l’heure il n’est point besoin de longs discours. 

Dans la vie des hommes, voyez-vous, il y a des moments aussi décisifs où il ne tient qu’à soi-même de prendre ses responsabilités. C’est ce que je voudrais faire tout à l’heure. Mais avant permettez-moi d’exprimer le bonheur et la joie que j’ai eus à conduire aux destinées du pouvoir de l’Etat, le pouvoir législatif. 

Mes deux mandatures ont été parsemées de moments de joie, mais aussi d’embûches et de douleurs vives. C’est pourquoi à vous, chers collègues, vous qui m’avez fait confiance en m’élisant le 9 janvier 2013, je tiens à dire toute ma reconnaissance et ma gratitude. 

Tout le long de notre marche commune j’ai voulu faire de l’Assemblée Nationale une famille, certes colorée, mais une famille, une vraie famille. Aussi, en ces heures qui comptent, je veux m’adresser directement à vous, vous qui m’avez porté un soutien sans failles en vous demandant de trouver ici l’expression de mes sincères remerciements. 

J’ai une pensée pleine de gratitude envers les membres du Bureau de l’Assemblée Nationale et tous mes collaborateurs qui m’ont accompagné tout le long de cette exaltante mission. A ceux qui dans l’anonymat, et pourtant avec efficacité font vivre notre institution, je veux parler des chauffeurs, des gardes, des secrétaires, des techniciens de surface etc., j’exprime ma particulière sympathie.

Chers collègues, alors venons-en à l’ordre du jour de notre session extraordinaire. En ce mois de janvier 2019, j’ai eu le privilège de plusieurs rencontres avec le Président de la République, notamment les 4, 5 et 24 janvier. Il a été question de mon engagement politique et de mon positionnement idéologique vis-à-vis du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Cette question, aussi importante soit-elle, a nécessité de ma part réflexions et décisions.

Oui j’ai choisi de ne pas m’engager au sein du RHDP Unifié. Ainsi je n’ai point pris part au Congrès du 26 janvier dernier au stade Félix Houphouët Boigny. Grave faute, grave erreur, ont tôt fait de clamer certains de mes compères. Mais voyez-vous, je suis homme à croire plus au jugement de l’Histoire qu’au jugement des hommes.

En ce qui me concerne, il ne peut être question de défiance, mais plutôt du désir d’anordir entre mes convictions, mes valeurs et ma conscience. Et là-dessus c’est sans hésitation. Le fait est que j’étais face à un dilemme. Soit trahir mes convictions en allant au congrès du RHDP pour sauver un poste, soit rendre ma démission de Président de l’Assemblée Nationale et ainsi être capable de me regarder moi-même dans une glace. 

Y’avait-il une alternative ? Non je n’en connais aucune, absolument aucune. A l’inverse, refuser de démissionner conduirait immanquablement à la crise institutionnelle déstabilisant, avec le cortège de dommage pour la nation. Cher collègue, l’on ne peut risquer de mettre en péril la paix fragile acquise après tant de souffrances de nos concitoyens.

Quand on a été comme moi, Ministre d’Etat, Premier Ministre, Président de l’Assemblée Nationale, c’est une issue inenvisageable. Chers collègues, ce n’est pas ce que je souhaite pour la Côte d’Ivoire, moi qui depuis un certain moment me suis fait le disciple du pardon, de la réconciliation et de la paix. Sachez chers collègues que je ne suis pas homme à m’accrocher, comme un saprophile à un poste. 

On ne peut détruire la paix parce que l’on veut conserver un poste. N’est-ce pas le Président Feu Félix Houphouët Boigny qui alléguait qu’aucun sacrifice n’est trop grand quand il s’agit de faire la paix pour son pays ? Cette sagesse du Père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne ne m’a jamais quitté depuis. 

Rassurez-vous chers collègues, je demeure serein tout en quittant ce poste aisé de Président de l’Assemblée Nationale pour l’aventure de mes convictions. En effet, je préfère descendre de mon piédestal, vivre et partager le quotidien de mes semblables, citoyens ordinaires, que de me complaire dans l’aisance de ma posture institutionnelle.

Conviction, le mot est lâché. Je veux que de moi mes concitoyens, mon épouse, mes enfants, ma famille, mes collaborateurs, mes proches, mes compagnons et je pense aussi aux Députés Alain Lobognon et tous les autres proches en ce moment en prison, retiennent de moi le souvenir d’un homme de conviction, débout face aux lendemains, même incertains.

Chers collègues, à cet instant précis, je rends ma démission de mes fonctions de Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Oui j’ai décidé de sacrifier mon poste pour la paix, pour la Côte d’Ivoire, comme j’ai eu à le faire par le passé.

Mesdames et Messieurs me voilà ainsi donc ancien Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Député de la Nation, élu dans la circonscription de Ferkessédougou commune et Vice-président élu de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Chers collègues, je demeurerai avec vous pour l’édification d’une Côte d’Ivoire riche et prospère qui repose avant tout sur un Etat de droit et des bases démocratiques solides. Je demeurerai avec vous pour continuer le combat du pardon, de la réconciliation et de la paix. Ce combat à mes yeux vaut plus que le poste de Président de l’Assemblée Nationale.

Chers collègues, après toutes les épreuves que j’ai traversées et dont vous êtes témoins, j’ai acquis la forte conviction que le destin de chacun d’entre nous appartient à Dieu. Dieu pourvoit. Merci à chacun et à chacune et à bientôt. »



Paula K. avec Alex Dimeco, Correspondant/Akody.com
Publicite

Laisser un commentaire

Publicite
Publicite
Publicite
Publicite
PEAK : 1743392 : 1.66 mb
MEMORY : 1506800 : 1.44 mb
x

Ce site web utilise des cookies

Notre site Web utilise des cookies et collecte votre adresse IP pour diffuser et améliorer notre contenu Web. Les cookies et les adresses IP nous permettent de vous offrir une expérience personnalisée. More

Akody peut utiliser des cookies et mon adresse IP pour collecter des statistiques et fournir des offres personnalisées dans le respect de la politique de confidentialité et des conditions d'utilisation. Akody peut utiliser des services tiers à cette fin. Je peux révoquer mon consentement à tout moment en visitant l'option de retrait.