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Côte d’Ivoire : Jacqueville, les jeunes autochtones dénoncent le « mercenariat électoral » et menacent de filtrer les véhicules qui rentreront dans leur localité à la veille des élections locales

Les jeunes Avikam, Ahyzi et Abouré, ceux qu’on appelle les « 3A », sont très en colère en ce moment. Motif de ce mécontentement, le mercenariat électoral en préparation dans le cadre des élections municipales et régionales du samedi prochain.

A présent, ils menacent d’ériger des barrages à l’entrée de la ville pour filtrer les véhicules qui y rentreront.

Les jeunes des 3A sonnent la mobilisation pour faire barrage au convoyage d’électeurs

Torses nus, pagnes noués à hauteur de hanches et saupoudrés, dans la pure tradition des lagunaires, des jeunes de plusieurs villages de Jacqueville sont montés au créneau mardi pour sonner la mobilisation contre le convoyage d’électeurs dans leur ville.

Prenant la parole, leur chef a dit : « La situation est très grave. Il y a des candidats, lors de l’enrôlement, qui ont envoyé des gens d’Abidjan pour venir se faire enrôler à Jacqueville. On a vu et on n’a pas parlé. Il est grand temps pour que cette jeunesse-là se réveille parce que ceux qui doivent décider du sort de Jacqueville, c’est nous la jeunesse de Jacqueville, pas les étrangers. Et ces personnes-là (les candidats) ont enrôlé les gens ici pour venir voter ici et être élus pour continuer dans leur sale besogne, c'est-à-dire vente de terrain, chasser des gens de leurs maisons. ».  

Face à ce sinistre projet, ses camarades et lui ont décidé de mettre en place des barrages à l’entrée de leur localité afin de filtrer les voitures qui y rentreront. « A partir du vendredi 12 nous allons faire un blocage au niveau du carrefour de Jacqueville. Tout car qui viendra d’Abidjan sera arrêté et fouillé. Ceux qui ne seront pas des 3A, qui ne sont pas de Jacqueville ou ne sont pas nos parents, ils vont retourner d’où ils viennent. Ils n’ont qu’à aller chez eux là-bas pour décider du sort de leurs communes ou de leurs territoires. », a dit Nevry Jean Noël, leur porte-parole.

Le convoyage, un phénomène bien réel

Le phénomène que dénoncent ces jeunes autochtones est bien réel. Il a effectivement eu lieu lors de la révision de la liste électorale, intervenue en juin dernier. Plusieurs candidats ont convoyé des centaines de jeunes dans différentes communes pour aller se faire enrôler et grossir potentiellement leur électorat, moyennant 5.000 FCFA, généralement. Ces « mercenaires électoraux » ont été aperçus dans des communes telles que le Plateau, Koumassi, Jacqueville et Didiévi où un affrontement a été évité de justesse entre « mercenaires électoraux et jeunes de la localité.

Si devant la loi tous les citoyens sont libres de se faire enrôler où ils veulent, leur convoyage massif au profit d’un candidat pose néanmoins problème car il s’apparente à de la tricherie.

Notons qu’au moins cinq (5) candidats ont été validés par la CEI dans la circonscription de Jacqueville dont le Maire sortant Beugré Joachim, candidat indépendant, Pierre Yourougou, porte-étendard de la liste RHDP, Patrick Yacé, le représentant du PDCI-RDA, et Nanga Firmin, candidat indépendant.  

Paula K. avec Alex Dimeco, Correspont/Akody.com

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