Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo devant les familles des détenus des différentes crises

Une semaine après les échanges qu’il a eus avec le Chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, l’ex-président Laurent Gbagbo s’est adressé aux parents des prisonniers encore en prison, lundi 2 août, à Abidjan-Cocody.   

Laurent Gbagbo a tenu à rassurer les familles des prisonniers des différentes crises. Il a promis de tout mettre en œuvre pour la libération de ses camarades de lutte. « Notre combat, c’est de les sortir de là et qu’il n’y ait plus un seul prisonnier d’opinion en Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré.

Madame Georgette Dogbo Blé, l’épouse du général Dogbo Blé en prison, qui a pris la parole au nom des épouses, pour traduire les remerciements de toutes ces femmes qui souffrent encore de la situation que traverse leurs époux en prison depuis des années :

« (...)Je voudrais vous traduire ici monsieur, le président, les sincères remerciements de toutes les épouses des prisonniers pour tout ce que vous faites pour la situation de nos maris en prison (...). Vous avez été aussi prisonnier, et chez le peuple Bété quand une personne est libérée de prison, elle doit subir une purification. C’est pourquoi nous les épouses des prisonniers de la crise, avons décidé de vous offrir la somme de cinquante mille francs (50 000F) ce montant symbolique afin que vous puissiez être purifié par vos parents pour la suite du combat », s’est exprimé la porte-parole du collectif des épouses des prisonniers.

Madame Dosso Seydou, parlant au nom des épouses des détenus proches du GPS (Générations et Peuples Solidaires, parti de Guillaume Kigbafori Soro, Ndlr), a évoqué la situation difficile dans laquelle elle et ses enfants se trouvent en l’absence de son époux.

« M le Président, par ma voix, le Président Guillaume Soro Kigbafori vous remercie. M le Président cela fait 18 mois que mon mari et détenu en prison, à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan). Je souffre parce que je suis mère de 6 enfants. Je suis une simple vendeuse d’aubergines au marché et je ne peux pas subvenir aux besoins de la famille. La preuve en est que l’année dernière, mon premier fils n’a pu terminer l’année parce que je n’ai pas pu solder (...). Monsieur le Président, par la voix et au nom des femmes des détenus, nous vous demandons pardon de plaider pour les cas de nos maris pour qu’ils soient enfin libérés, parce que nous souffrons M le Président Laurent Gbagbo », a-t-elle déclaré.

Laurent Gbagbo a rappelé qu’en 10 années de pouvoir, il n’a sous son règne emprisonné aucun homme politique. « J’ai fait 10 ans au pouvoir. Citez-moi un seul homme politique que j’ai mis en prison pendant ces 10 ans (...) la politique suivait son cours, les voleurs, les assassins, les mauvais chauffeurs, y’en a même qui étaient mes adversaires, mais je ne les ai jamais arrêtés. Mesdames, je suis avec vous tant que vos conjoints ne seront pas sortis de prison. Notre combat est de faire en sorte qu’il n’y ait plus jamais de prisonniers d’opinion en Côte d’Ivoire (...) », a lâché Laurent Gbagbo.

Il s’est particulièrement prononcé sur l’affaire des femmes tuées à Abobo. Selon lui, on l’a faussement accusé d’avoir lancé "une bombe sur le marché Siaka Koné d’Abobo pour tuer les Dioula". Il a demandé ce fait avant de donner lui-même ses liens personnels avec le peuple Dioula.

« Les gens ne connaissent pas la Côte d’Ivoire. On dit que j’ai jeté une bombe sur le marché Siaka Koné d’Abobo pour tuer les Dioulas. Ce n’est pas vrai. Moi-même, je parle Dioula. J’ai vécu dans une famille Dioula et ma tante qui s’est convertie à l’islam s’est appelée Karidja. J’ai épousé une femme Dioula. Dans la plaidoirie de Maître Agathe Baroan, elle a dit qu’en Côte d’Ivoire, nous vivons comme dans une cour commune. Dans ce cas, comment jeter une bombe dans un marché pour tuer les Dioulas ? Tu risques de tuer ton père. En Côte d’Ivoire, nous sommes plus unis que les gens ne le croient. C’est vrai, nous faisons nos palabres. Dans quel pays, il n’y a pas de palabres ? Les gens ne nous connaissent pas », a déclaré le président Laurent Gbagbo.

Ces épouses venues très nombreuses sont regroupées au sein de trois (03) associations : L’association des femmes et familles des détenus d’opinion en Côte d’Ivoire (AFFDOCI) présidée par Mme Désirée Douati, le Collectif des femmes et parents des détenus politiques de la Crise post-électorale de Côte d’Ivoire (COFED) présidée par Mme Simone Datte et le collectif des femmes de GPS présidé par Mme Anne Marie Bonifon.


Blackson Dodo Sylvain, Correspondant/Akody.com

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