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Côte d’Ivoire : Meilleur producteur de cacao 2017, Fissa Nafon interpelle les jeunes qui s'adonnent à l'immigration clandestine

Dans les années 80, Dissa Nafon quitte sa région natale (le nord), à la recherche d'une condition meilleure de vie.  Pendant un an, en qualité de métayer, il travaille à Daloa, dans des campements. Un an après, il se retrouve à l’ouest du pays, dans la région du Guemon, à Duekoué.
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A force de persévérance, Dissa Nafon est couronné meilleur producteur de cacao en 2017 après avoir occupé le deuxième et le troisième rang de façon consécutive.

Mais que de chemin parcouru pour parvenir à un tel résultat. 

« En 1987 je suis venu à Duekoué pour prendre ma forêt. C'était difficile de joindre les deux bouts. La famille et moi dormions souvent dans la faim », se souvient-il. La galère Dissa Nafon l’a connue et l’a vécue sa première année d’installation à Binaho, le village qui l’a reçu.

La deuxième année, Dissa, pour parer à toutes éventualités, cultive de l’igname, du gingembre et de la banane. En plus de ces cultures vivrières, Dissa Nafon élève des poulets qui lui rapporteront  30.000 F CFA après la vente. Les productions vivrières lui permettront de survivre quand l’argent de la vente des poulets servira de donner l’avance d’une parcelle de 12 hectares, qu’il paiera de façon échelonnée en travaillant aussi pour son tuteur.

En 2019,  Dissa Nafon revendique 124 hectares de cacao, 25 hectares de café, 85 hectares d’hévéa, 30,5 hectares d’anacardes et 86 têtes de bœuf. En somme plus de 300 hectares sont la propriété que revendique Dissa Naffon à ce jour. 

En 2015, Dissa reçoit le prix du troisième meilleur producteur de la Côte d’Ivoire, l’année qui suit, il prend la deuxième place. Et, comme un infatigable guerrier, Dissa Naffon finit par avoir  la prestigieuse place de meilleur producteur de cacao de l’année 2017. Son mérite est reconnu par l’Etat ivoirien et reçoit d'importants  lots, dont un véhicule Kia d’un coût de 22 millions de F CFA et bien d’autres dons d’une valeur de plus de 30 millions F CFA.

Respectueux des valeurs humaines

 « Il n’y a pas de secret en tant que tel. Mais seulement, quand tu viens en aventure, il faut croiser de bons tuteurs. J’ai croisé de bons tuteurs, c’est pour cette raison que je suis devenu meilleur producteur aujourd’hui. En plus de cela, mon secret à moi, c’est le fait de prendre mes tuteurs comme mes parents biologiques. Parce que sans eux, je ne peux pas vivre. Si le problème de ton tuteur est ton problème, toutes les autres personnes qui sont dans les environs vont vouloir composer avec toi », justifie-t-il. 

 « Ma qualité c’est l’humanisme, le respect des tuteurs et surtout l’attention que je porte à leurs problèmes. C’est tout cela qui m’a valu leur estime en me donnant des surfaces cultivables. Sinon, ce n’est pas moi qui ai plus d’argent que les autres. C’est ma manière de traiter mes tuteurs qui a fait que je suis à cette place aujourd’hui », poursuit-il

Dissa Nafon, après sa réussite fait profiter son expérience aux autres

Permettre aux  jeunes manœuvres qui passent chez lui d'être autonomes, Dissa Nafon en a fait son travail.

« Si vous voyez que j’ai toujours des travailleurs, c’est la politique que j’ai mise en place. Un manœuvre qui vient chez moi, je l’aide à avoir son propre champ. Je le finance et après il me rembourse un peu un  peu.

Si une plantation ou une parcelle qu’il veut acquérir coute 1 million et plus je paie le reliquat qu’il me rembourse après, car je donne aux travailleurs dans une année souvent 400 à 500 000 F CFA.

J’ai aidé plus de cent jeunes qui aujourd’hui sont autonomes. Certains ont des constructions dans la ville de Duekoué et même ailleurs. D’autres ont des véhicules de transports et vivent à l’aise. Il faut prendre son manœuvre comme son propre fils et non un travailleur », martèle-t-il.

Son invitation aux jeunes pour cultiver la terre

« Ce que je peux dire aux jeunes ivoiriens qui quittent le pays pour l’Europe en passant par la Lybie, c’est de se calmer et d’être patients. En Côte d’Ivoire, il y a de l’argent. Ici si tu cherches, tu gagnes et abondamment pour toi.

Au lieu de se mettre dans des pinasses et périr dans les profondeurs de la méditerranée, il est mieux de revenir à la terre.  Avec un peu de moyens on peut faire beaucoup. Moi je suis prêt à accompagner les jeunes qui veulent s’installer dans l’agriculture ici dans la zone de l’ouest », conseille-t-il. Et de poursuivre pour dire : «  Je ne sais ni écrire, ni lire. Je ne connais pas papier mais aujourd’hui toute la Côte d’Ivoire me connait. Je n’ai pas regardé à ce handicap pour m’apitoyer sur mon sort.  Je demande aux jeunes qui vont ‘’derrière l’eau’’ de ne plus mettre leur vie en péril. Si Abidjan est saturée, qu’ils viennent au champ où ils peuvent se réaliser. Tout ce qu’on fait sans courage et passion est voué à l’échec ».

Le social, quotidien de Dissa Nafon

« Tout ce que je fais, ce n’est pas parce que j’ai l’argent. Mais quand tu vois ton prochain qui souffre et que tu as la possibilité de lui venir en aide fais- le », laisse entendre le meilleur producteur de cacao 2017.

Les œuvres sociales, Dissa Nafon, les conjuguent au quotidien

De l’assistance aux familles endeuillées, aux personnes malades en passant par la construction d’école, Dissa Nafon en fait énormément. Dans le village de Binaho, où il a la quasi-totalité de ces champs, une voiture de marque Mercedes est stationnée sous un hangar.

Elle sert à évacuer les femmes en travail et les cas graves de maladie, gratuitement. Il a participé à la construction de l’école primaire de Binaho. Pour dit-il permettre aux jeunes diplômés d’avoir du boulot, un collège privé est construit à Duekoué par les soins de Dissa Nafon. Un autre à Ouattaradougou. Pour ce père de 15 enfants avec 4 femmes, pas question de rompre avec la chaine de l’excellence.

« Depuis que je suis né, je n’ai jamais fait les choses à moitié. Je suis aujourd’hui le meilleur producteur de cacao de la Côte d’Ivoire.

J’ai une coopérative et je compte remporter le prix de la meilleur coopérative », envisage-t-il, non sans demander aux décideurs de l’aider à faire sortir son village de l’obscurité, sans oublier de construire des ponts sur les rivières afin de faciliter l’écoulement de leurs productions.

Paula K. avec Océane Oulaï/Akody.com

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