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Côte d'Ivoire: Plusieurs étudiants bientôt vidés des cités

En effet, à la faveur de l’organisation des Jeux de la francophonie 2017, les étudiants du plus grand Campus de Côte d’Ivoire sont sommés de quitter les résidences universitaires pour que ces chambres servent de dortoir aux athlètes qui viennent compétitir.
"Où allons-nous aller en pleine année académique ?" et "quels impacts ce déménagement aura-t-il sur nos résultats universitaires ?" Ces questions reviennent au bout des lèvres de ces jeunes apprenants.

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Roland Kouakou, étudiant en première année de Géographie, partage sa couchette avec un camarade d’amphi afin de préparer leurs examens et arriver aussi à faire face aux dépenses quotidiennes. Ces deux nouveaux bacheliers, venant de l’intérieur du pays, se demandent «où» ils pourront trouver un abri pour continuer de suivre les cours, vu le coût du logement et du transport à la capitale. Les parents ont certes été informés mais ils ne savent toujours pas quoi faire. Pour eux, ce n’est pas normal qu’au profit des athlètes l’avenir de leurs enfants soit mis en péril, nous disent ces binômes d’études.

Constant, inscrit en Master 2 de criminologie, pense que si rien n’est fait, "à cause de ces jeux", il n’y aura que quelques-uns dans leur promotion qui auront la chance de parachever leurs travaux de Mémoire et faire la soutenance. "Nos syndicats sont impuissants", martèle un autre étudiant. Après avoir été auteur d’actes de violence, ils ont été frappés par une mesure gouvernementale de suspension.

Approché par l’équipe de KOACI.COM, un membre du secrétariat à l’organisation de l’AGEECI (Association Générale des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire) déplore cette situation, et rassure que leurs camarades ne supporteront pas longtemps "cette succession de mesures qui leur est imposées".

Cinq d’entre eux sont en prison nous dit-il et "l’administration à créer un comité de résidents" avec qui elle tient les réunions.
Pour ces étudiants, la présidente de l’Université, nommée récemment ministre de l’enseignement supérieur tient à imposer une unique association qu’elle a unilatéralement dénommé AE (Association des Etudiants). Un nouveau courant estudiantin qui exclut les principaux syndicats existants (FESCI, AGEECI…).

C’est au mois de Février 2016 que les résidents des cités ont été appelés à une concertation à la salle du « Foyer 0 », pour être informés de la nouvelle par CROU-A (Centre Régional des Œuvres Universitaire d’Abidjan).

Ce délogement sera suivi d’une réaffectation dans certaines des cités restées fermées depuis la crise postélectorale promettent les autorités. Seulement leur capacité d’accueil reste très faible et elles sont pour la plupart éloignées de l’université.
Pour l’un des participants à cette rencontre, les arguments avancés par les autorités ne prennent pas en considération les réalités locales. « De toutes les façons, ils ne nous appellent pas pour des discussions », car « ils feront venir des policiers pour nous imposer leurs décisions » renfrogne-t-il.

Au bâtiment des filles, l’inquiétude frise la tristesse totale et la peur d’un lendemain exposant les plus vulnérables aux vices.
En ce qui concerne les handicapés, à deux (2) mois du déguerpissement, il n’y a également aucune idée précise sur leur future destination. Les frais de déménagement engendrés, la réadaptation, font actuellement l’objet de remue-méninges pour ces cas particuliers.

La capacité d’accueil des résidences du campus avoisine les 4000 mille lits. Mais compte tenu des difficultés financières, le plus souvent ils partagent à deux (2) ou à trois (3) la chambre de 6m². Aussi pour la majorité des étudiants, la fierté de savoir leur pays accueillir les jeux de la francophonie est-elle grande.
Selon cette frange de la jeunesse les désagréments qu’ils subissent peuvent être solutionnés grâce à des réflexions réalistes, si réellement l’éducation est une priorité pour les gouvernants.

Sur les quinze résidences universitaires reparties sur le district d’Abidjan seulement celles du campus de Cocody sont habitées par des étudiants. Plusieurs restent occupées par des FRCI (Force Républicaine Côte d’Ivoire) où demeurent en perpétuelle réhabilitation.
Cette fermeture imminente du plus grand site de logements estudiantin au profit des invités de cette compétition intervient alors que plusieurs filières sortent d’une année blanche.

La huitième édition des Jeux de la Francophonie est par ailleurs placée sur le triptyque solidarité-diversité-excellence et regroupe 4000 compétiteurs.

Cet évènement international aura lieu du 21 au 30 Juillet 2017 à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

Penouel D. / Akody.com


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