Grand-Lahou : Le chef de terre offre un tricycle aux jeunes autochtones, les transporteurs paralysent la ville pour protester contre ce geste

Grand-Lahou, ville balnéaire située à 115 km d’Abidjan, est paralysée par une grève des transporteurs depuis plusieurs jours. Ces grévistes s’opposeraient au don, par le chef de terre, Nanan Zoukouan Gabriel, d’un tricycle aux jeunes autochtones.


Furieux contre cette réaction disproportionnée des transporteurs, pour la plus part allogènes, le propriétaire terrien a décidé d’aller plus loin encore.

« Je ne pourrai plus jamais permettre que des transporteurs viennent m'imposer des choses sur la terre de mes ancêtres »

Récemment, le chef de terre de Grand-Lahou, Nanan Zoukouan Gabriel a offert un tricycle aux jeunes autochtones de la commune pour leur permettre de se prendre en charge. Mais les transporteurs allogènes, majoritairement issus de pays de la sous-région, auraient mal pris ce geste. Ils refusent de rouler depuis une semaine, paralysant ainsi toute une ville.

Fatigué que ce soit un autre groupe ethnique qui gère le transport à Grand-Lahou, fatigué des humeurs changeants de ce groupe ethnique, nous dit-on, Nanan Zoukouan Gabriel a décidé de reprendre ce secteur aux allogènes pour le compte de sa communauté.

Ainsi tape-t-il du point sur la table : « Je ne pourrai plus jamais permettre que des transporteurs viennent m'imposer des choses sur la terre de mes ancêtres et m'insulter .Je pouvais en tant que propriétaire terrien de Grand-Lahou donner l'exclusivité du transport aux Dida et Avikam comme à Bonoua et d'autres villes de la Côte d’Ivoire.
Pour un seul engin que j'ai offert à ma jeunesse afin qu'elle soit autonome, tous les taxis communaux refusent de rouler depuis ce jeudi 21 décembre jusqu'à ce jour qui est considéré comme le jour du Marché où toutes les populations viennent des hameaux et villages pour la ville.
Nous avons tous les papiers et l'autorisation de circulation. La récréation est terminée. A partir de la semaine prochaine nous allons inonder toute la ville de ces engins roulants pour le bonheur de nos populations. Il y aura aussi de nouveaux cars puisque le parc auto est vide. Trop c'est trop. »

Faut-il y voir plutôt la peur d’une concurrence déloyale ?

De prime abord, il semble que les transporteurs allogènes s’opposent au fait que des autochtones exercent le métier qui leur est traditionnellement dévolu. Ainsi ils ne voudraient pas de la concurrence des autochtones comme s’il s’agissait de faire d’une fonction l’apanage d’un groupe ethnique qui, plus est, sur la terre d’autrui. Mais une autre explication est à privilégier, peut-être additive, en attendant de plus amples informations.

Il faut dire que depuis un bon moment, ces tricycles inondent les villes du sud de la Côte d’Ivoire et même du nord. Plusieurs de ces engins roulent par exemple à Jacqueville, pionnière dans le domaine, et à Bouna où de nombreux taxis ont été contraints de garer.

Ces transporteurs de Grand-Lahou s’opposent sans doute à cette concurrence déloyale qu’ils sentent venir avec l’introduction de ce premier tricycle.

Paula K. avec Alex Dimeco, Correspondant/Akody.com

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