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Inquiétante spirale meurtrière des véhicules poids lourds en Côte d’Ivoire

Perte de contrôle, sortie de route, excès de vitesse, non respect du code de la route : plusieurs morts sont de plus en plus enregistrées dans des accidents de la route impliquant des véhicules poids lourd ou gros camions en Côte d’Ivoire.
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Mardi 8 janvier 2018. Toute la ville de Lakota, située à 223 km au nord-ouest d’Abidjan est dans l’émoi. Un camion chargé de caisses de boisson ayant perdu le contrôle dans un virage aux environs de 12 heures devant l’école primaire catholique, vient de tuer un instituteur et deux écolières, faisant dans la foulée de nombreux blessés.

Le 20 décembre à Tiassalé, un camion remorque, transportant un conteneur chargé de cacao, a écrasé un taxi communal. Le mastodonte lâché par son frein a terminé sa course dans le taxi, occasionnant deux blessés.

Dans le district autonome d’Abidjan, un poids lourd fait une sortie de route, broie quatre personnes et endommage 18 véhicules stationnés dans la nuit du jeudi au vendredi 28 décembre 2018, dans la commune aéroportuaire de Port-Bouët. Perdant lui aussi le contrôle, le chauffeur du poids lourds endeuille des familles à la veille des fêtes de fin d’année.

Toujours dans le district d’Abidjan, mais cette fois dans le sens de Yopougon-Adjamé sur l’autoroute du nord, le 31 décembre, un autre accident de la circulation, cette fois un carambolage occasionné par un gros camion en déroute et déchiquette voiture personnelle, mini car et deux taxis compteurs. De nombreux blessés et des morts probables auraient été enregistrés dans cet accident à la veille de la fin d’année.

L’année 2018 a enregistré sur la période du 1er janvier au 31 décembre, au total 12.974 accidents pour 24. 141 victimes dont 837 décès et 23 304 blessés prises en charges, selon des informations livrées par le Groupement des sapeurs-pompiers militaires (GSPM).

Selon l’Office de sécurité routière, la tendance en valeur absolue des statistiques d’accidents en Côte d’Ivoire a été de 6.000 accidents en moyenne des années 2000 à 2013 avec 600 tués en moyenne et 8.000 blessés (légers et graves pris ensemble). Depuis 2014 ce chiffre est passé à 8.000 accidents en moyenne avec un peu plus de 800 tués et 12.000 blessés en moyenne.

Un rapport publié par la Banque mondiale en 2018 note que les accidents de la route ont pour conséquence d’amputer les perspectives de croissance à moyen et long terme dans les pays en développement, « parce qu’ils privent la population active d’adultes dans la fleur de l’âge et qu’ils font baisser la productivité du fait des blessures graves occasionnées ». Elle estime qu’une réduction de 10 % de la mortalité routière pourrait entraîner en moyenne une augmentation de 3,6 % du PIB réel par habitant sur une période de 24 ans.

Toute chose qui emmène des organisations de la société civile ivoirienne à appeler les dirigeants du pays à renforcer l’action pour freiner cet élan meurtrier des gros camions.

Permis à points
L’Organisation des jeunes ivoiriens pour l’insécurité routière (OJISER) par la voix de sa présidente, Koné Maférima, condamne ces nombreux cas d’accidents causés par les déroutes de gros camions. Elle estime que l’excès de vitesse, la conduite en état d’ivresse et l’obtention frauduleuse des permis de construire en sont les principaux facteurs.

« La sécurité routière devrait être l’affaire de chacun », plaide Mlle Koné, exhortant le gouvernement à prendre des mesures pour réprimer tous ses actes qui conduisent à la tombe.

Elle a appelle également tous ses vœux, la mise en œuvre d’un système de permis à point qui consiste à retirer des points aux conducteurs indélicats en cas d’infraction de sorte à aboutir au retrait définitif du permis de conduire.

Mesures gouvernementales
Une suggestion bien accueilli par l’Etat, puisque début décembre 2018, plusieurs permis de conduire ont été suspendu pour des périodes allant de 20 ans à deux mois en Côte d’Ivoire. Ce, suite de l’examen de 12 dossiers par la commission technique spéciale de suspension et de retrait de permis de conduire.

Une mesure qui selon le ministre des transports, Amadou Koné, vise à faire face à la recrudescence de l’insécurité routière dans le pays, caractérisée par les accidents de la circulation entraînant des dégâts matériels importants et des pertes en vies humaines.

Pour ce faire, le ministre Koné a signé des arrêtés portant respectivement la suspension d’un permis de conduire pour une période de 20 ans et de quatre autres pour une période de cinq ans avec pour obligation de reprendre la formation et les épreuves d’examen théorique dans un établissement de formation agréé et interdiction formelle de conduire sur l’ensemble du territoire national.

Cinq permis ont été également suspendus pour une période allant de deux à six mois, avec pour obligation de recyclage en matière de code de la route dans un établissement de formation agréé et interdiction formelle de conduire sur l’ensemble du territoire national. Un autre permis a été suspendu pour trois mois, avec sursis et le dernier cas a été l’objet d’une restitution à son propriétaire pour faits non imputables.



bsb/tm/AIP
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