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Insécurité, cherté de la vie, racket, manque d’eau potable : Le régime sans solution, bricole

Le Premier ministre est surpris que les Ivoiriens aient des critiques acerbes à l’endroit du régime. Il s’étonne que les populations soient moins élogieuses vis-à-vis des actions du gouvernement qui, selon lui, opère des miracles. Pour ce faire, il a initié un séminaire le lundi 26 février 2018, à la Présidence de la République. L’objectif de cette rencontre était clair : booster la communication autour de l’action gouvernementale. A ce propos, tous les ministres et leurs responsables de communication ont été convoqués. Mais aussi, les responsables des médias d’Etat.
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A la vérité, Gon Coulibaly n’est pas satisfait des résultats enregistrés par lesdites structures. Il souhaiterait que celles-ci soient une caisse de résonnance au profit du pouvoir. Elles le sont déjà et ne pourraient faire mieux, pour inverser la perception que le peuple a de ses dirigeants actuels. Pour que la base soit en phase avec le sommet, il n’y a qu’une seule condition : le pouvoir doit être à l’écoute du peuple. Pour l’heure, ce n’est pas le cas. Et les arguments pour le démontrer sont légion.

La pauvreté gagne du terrain

«On attend moins parler de la dynamique économique en cours, marquée par une croissance forte et soutenue qui fait de la Côte d’Ivoire, une destination privilégiée, citée en exemple en Afrique et dans le monde. (…) L’amélioration notable des conditions de vie des populations grâce aux efforts du chef de l’Etat dans les secteurs de l’eau potable, de l’électricité, de la santé, de la nutrition ou des routes» dixit Gon Coulibaly. On comprend que le Premier ministre est coupé des réalités du pays. Amadou Gon Coulibaly devrait savoir que les medias d’Etat ne peuvent pas changer la mentalité d’un peuple mature. Quelle perception les Ivoiriens peuvent-ils avoir du gouvernement, quand la jeunesse n’a pas d’emploi ? Que doit-on penser quand cette frange importante de la population n’a d’autres recours que l’immigration clandestine ? Tout faire pour fuir le bourbier ivoirien. Les populations ne peuvent pas applaudir que leurs activités furent-elles informelles, soient détruites sans qu’il ne soit question de dédommagement ou de recasement. Comment être heureux lorsqu’en 2018, des quartiers du District d’Abidjan manquent de l’eau potable ?

La cherté de la vie, une réalité

Amadou Gon Coulibaly parle «d’amélioration notable des conditions de vie des populations». Cela est loin de la réalité. En effet, les nostalgiques ne manquent pas de rappeler que pendant la guerre (2002-2010), les Ivoiriens mangeaient décemment. Aujourd’hui, ils sont nombreux, ceux qui mangent par «accident», du fait de la cherté de la vie. Que fait le gouvernement pour inverser la tendance ? Rien du tout. Pis, il augmente les droits et taxes. Nous en voulons pour preuve l’annexe fiscale 2018, revue et corrigée sous la pression des opérateurs économiques. Il n’empêche que les facteurs d’eau, de l’électricité ont qu’augmenté. Pourtant, les villes demeurent insalubres. Le gouvernement a annoncé en 2017 à la suite d’un Conseil des ministres qu’il s’engageait à réduire le coût des loyers. Comme il fallait s’y attendre, cette décision a fait long feu. Aujourd’hui, la question du logement se pose avec acquitté. Que dire de la politique de logements sociaux qui a tourné court. Le Premier ministre a-t-il une idée de l’application du décret sur le plafonnement des prix des denrées de grande consommation ? Ce décret a-t-on dit, visait à lutter efficacement contre la vie chère. Au grand dam des consommateurs, cette décision est foulée au pied par les commerçants. Le gouvernement le sait mais préfère ne rien dire. Dans la foulée, le prix de la bouteille de gaz butane et bien d’autres produits dont les prix sont homologués par l’Etat, sont vendus au gré des humeurs des commerçants. Une véritable anarchie qui explique que les produits vendus sur les marchés ne soient plus à portée de main. Conséquence, le panier de la ménagère continue de se vider au fil des années. Voilà la réalité que vit quotidiennement le peuple Ivoirien. Ne lui demandons pas d’applaudir les actions de ceux qui l’ignorent.

La gratuité des soins ciblés un leurre

Qui peut dire que la gratuité des soins ciblés a cours actuellement dans les hôpitaux. De nos jours, il faut surtout éviter de tomber malade. Cela relève d’un luxe car, se soigner est une question de moyens. Pourtant, seulement moins 10% de la population est couverte pas une assurance sociale. La situation est si difficile que les indigents n’hésitent plus à avoir recours aux médicaments de la rue dont les sites de vente foisonnent dans les quartiers de la capitale économique. Que peuvent faire les médiats d’Etat face à l’impuissance du régime. Doivent-ils mentir au peuple ? Ils le font déjà assez en ne dénonçons pas les insuffisances et les limites du pouvoir. La Couverture maladie universelle (Cmu) est jusqu’à ce jour en phase expérimentale. Une situation qui exaspère les Ivoiriens. D’où les critiques qui fusent de tout part. Il ne pouvait en être autrement.

La sécurité en berne

Quelle perception un peuple peut-il avoir quand le gouvernement est incapable d’assurer sa sécurité. Depuis 2011, un phénomène a vu le jour. Les «microbes», ces adolescents sans foi ni loi terrorisent la population. Vols, meurtres, viols sont à mettre à leur passif. Toutes les dispositions prises pour les mettre hors d’état de nuire ont été vaines. Les «microbes» ont même étendu leurs tentacules et ont finalement des ramifications dans l’ensemble du District d’Abidjan. Face à l’impuissance avérée des gouvernants, le peuple a décidé de se faire justice. Il n’est plus rare d’entendre qu’un «microbe» a été calciné ici ou lynché à mort là. A côté de ce phénomène urbain, se trouve les braquages en série. Cela est devenu un effet de mode. Les derniers braquages en date sont ceux qui ont lieu au Port autonome d’Abidjan et au marché de gros de Bouaké. Il faut ajouter à cette grisaille, les mutineries à répétition dans les casernes militaires. De quoi à traumatiser les populations.

L’école et les frais annexes

La gratuité à l’école n’est rien d’autre qu’un slogan de campagne électorale. Nul ne peut s’hasarder à évoquer la question de l’école sans y inscrire les nombreux frais annexes. A y voir de près, l’Etat s’est désengagé sur cet important chapitre. Les élèves et leurs parents sont confrontés à toutes sortes d’abus. A part l’inscription qui est gratuite dans le primaire public, tout se paye. Table-bancs, construction de clôture, de salles de classes, de toilettes sont du ressort des apprenants et leurs parents. Au secondaire privé, les affectés de l’Etat payent d’énormes sommes d’argent lors des inscriptions, comme s’ils étaient des élèves du privé. Comme si cela ne suffisait pas, l’Etat reste devoir aux fondateurs d’établissements scolaires. Cela a un impact immédiat sur le niveau de l’enseignement. Naturellement, les populations le dénoncent. Elles s’expliquent difficilement que le gouvernement soit absent et léger sur la formation de sa jeunesse.

Les infrastructures routières en décrépitude

S’il y a un secteur sur lequel les Ivoiriens ont été véritablement déçus, c’est bien celui des infrastructures routières. En moins de deux ans, les routes qui ont été réalisées à coût de milliards de Fcfa sont devenues impraticables. Le bitume s’est effrité à la moindre pluie. Que doit-on comprendre ? Que les travaux n’ont pas été bien réalisés. A qui la faute ? Aux dirigeants bien sûr. Ils s’envisagent donc de tout reprendre. Au frais du contribuable. Pourtant, cet argent pouvait servir à autre chose. C’est toute cette preuve de mauvaise gouvernance que les Ivoiriens reprochent à l’actuel régime. Et Gon Coulibaly ne pourra y rien changer. Dommage mais son régime n’a pas bonne presse auprès du peuple.

Paterne Ougueye Yves/ivoirebusiness.net

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