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José Maria DANHO : ‘’j’entreprends pour apporter un changement’’

Elle incarne parfaitement la maxime qui stipule que : ‘‘ la valeur n’attend point le nombre des années’’ ! A 21 ans seulement, EKOUA José Maria DANHO est un nom qui ne passe par sous silence dans le milieu entrepreneurial féminin au Canada. 
Lauréate de la prestigieuse couronne du concours ‘’Miss Black Inspiration Canada 2016’’, cette jeune fille est une véritable fierté  pour son pays d’origine,  la Côte d’Ivoire. Dans cette interview réalisée à l’initiative de la Chambre de l’Économie Sociale et Solidaire Ivoirienne (CESSI), Maria nous partage ses convictions, sa vision, ses objectifs et ses ambitions. 
Elle nous parle notamment de son projet phare: ‘’la Gare des Idées’’. Un projet qui bénéficie du soutien de la CESSI, une association fondée en 2014 dont l’objectif  est de promouvoir  l’Économie Sociale et Solidaire afin qu’elle gagne en envergure et de soutenir l’essor de projets ESS grâce à l’appui du monde des affaires.
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Maria, parlez-nous brièvement de vous…
Je suis étudiante en Maîtrise des Sciences de la gestion, option Marketing à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal au Canada. D’origine ivoirienne, possède la double nationalité : Ivoiro-canadienne.

  Connaissez-vous la Côte d’Ivoire, votre pays d’origine ?
 J’ai vécu en Côte d’Ivoire, jusqu’à l’âge de 15 ans. Ce n’est qu’en ce moment, alors que j’étais en classe de 2nd que je me suis ‘’envolé’’ pour le Canada en vue d’y poursuivre mes études. Néanmoins chaque été, j’y retourne avec beaucoup de joie pour y passer mes vacances.
  
De quelle région de la Côte d’Ivoire êtes-vous donc originaire ?  
Je suis le fruit d’un véritable brassage culturel ivoirien (Rire…). Car je suis à la fois originaire  du nord, au centre et au sud de la Côte d’Ivoire. Mon père est Ebrié et Baoulé, des ethnies respectivement du Sud et du Centre et ma mère est quant à elle Lobi, un peuple installé au nord du pays. 

Parallèlement à vos études, quelles sont les activités entrepreneuriales que vous menez de votre arrivée au Canada ?
Par la grâce de DIEU depuis mon arrivée au Canada, j’entreprends un bon nombre d’activités. Je commencerai par mes premières initiatives menées lorsque j’étais en au lycée. En classe de terminale, j’ai participé au prestigieux concours de débat oratoire de Montréal. C’était une compétition riche en expérience et également plein de défis pour moi. Il s’agissait de discuter sur un projet de loi réelle. L’exercice consistait concrètement à défendre ladite loi en étayant sa position par des arguments, ou en exprimer sa désapprobation en montrant les failles qu’elle contient. 
Après les études secondaires, une fois arrivée à l’HEC de Montréal, j’ai créé un comité étudiant, qui est en réalité une petite entreprise au sein de cet établissement qui s’appelle : HECulture. Comme son nom l’indique, la mission assignée à HECulture est de promouvoir la culture dans sa diversité et inciter les populations à considérer la diversité culturelle comme un atout, un avantage, un moyen d’innovation dans le monde des affaires, plutôt que de la voir comme un frein. 
Dernièrement, j’ai participé à un concours dénommé : ‘’Miss Black inspiration Canada’’, que j’ai remporté avec le soutien de DIEU. C’est un concours qui prône l’entreprenariat féminin au sein de la communauté noire vivant au Canada. A ce concours, j’ai pu présenter mon projet ‘’la Gare des Idées’’.

Dîtes-nous, qu’est ce qui a attisé en vous la flamme de l’entreprenariat dès l’enfance ?  
Je dirais que l’entreprenariat est un peu ancré dans chacun de nous. J’estime que chaque être humain l’a dans ses gênes. Dans mon cas, je crois que ma passion pour l’entreprenariat est née (e) de mon désir d’apporter un changement autour de moi et d’avoir un impact sur mon environnement.

Au nombre de vos initiatives, figure en bonne place ce projet que vous chérissez particulièrement : ‘’La Gare des Idées’’. De quoi s’agit-il exactement ? 
Il s’agit d’un incubateur de projet destiné aux jeunes issus des milieux défavorisés afin de les aider à développer des projets qu’ils auront pensé  et qui seront générateurs de revenus. L’objectif est d’aider ces jeunes à pouvoir se réaliser tout cela dans un cadre de formation, d’accompagnement et de mentorat. Notre volonté est de cultiver le talent que détiennent ces jeunes qui n’ont pas forcément la chance d’accomplir pleinement leur potentiel.  

Les jeunes vivant en Côte d’Ivoire peuvent-ils également présenter leur projet ?
Oui, tous les jeunes ivoiriens vivant en Côte d’Ivoire ou non peuvent participer à cet incubateur.

Quels types de projets seront admis à être présenté?  
D’abord, on va exclure tous les projets se rapportant au numérique, parce que ce n’est pas réellement mon domaine d’expertise. La seconde raison qui justifie cette décision, c’est qu’il existe déjà au Côte-d’Ivoire une belle compétition qui se tient dans ce domaine. Par contre, nous accepterons les projets en rapport avec l’art et la culture, parce que ce sont des disciplines qui sont très souvent négligés dans nos pays. Et pourtant, ce sont des domaines riches et qu’il faut explorer. 

Quelles sont les étapes et la procédure à suivre pour participer à la ‘’Gare des Idées’’?
Pour commencer, il faudrait que tous les jeunes intéressés aient des idées de projets qui leur tiennent à cœur, parce que tout part de l’idée. Ensuite, nous aurons un entretien avec les différents porteurs de projets afin de jauger leur engouement, leur détermination et leur motivation à continuer à poursuivre l’aventure. Cette deuxième étape est très importante dans le mesure où, l’entrepreneuriat n’est pas facile, il y aura forcément des hauts et des bas.
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Comment les intéressés pourront-ils s’inscrire ? 
Au moment venu, les intéressés devront s’inscrire en ligne via le site internet de ‘’la gare des idées’’ qui n’existe pas pour le moment. A défaut de s’inscrire en ligne, ils pourront se rendre dans les locaux que nous comptons installer à Abidjan. En ligne ou dans nos locaux, l’inscription consistera à remplir un formulaire pour décliner leur identité, pour présenter leur projet et à déposer une lettre de motivation. 
Suite aux documents qu’ils auront déposés, nous évaluerons leur parcours scolaires, etc. S’il arrive que certains candidats ne soient jamais allés à l’école, nous verrons ce qu’ils font d’une de façon générale dans leur vie quotidienne. 

Les potentiels candidats ont-ils à débourser des frais de participation ?
Vu que le projet est destiné aux jeunes issus de milieux défavorisés, si nous leur demandons de débourser un montant ce serait un important difficile. Mais on pourrait, néanmoins, voir s’ils doivent débourser un montant symbolique. Mais, la question demeure en réflexion. Nous aviserons.

Quand débutera le projet ?
Actuellement, le projet est entrain de mûrir. Nous n’avons donc pas pour l’instant de dates exactes. Toutefois j’espère que d’ici les 6 mois à venir, je pourrai démarrer à travers l’implantation de mes locaux et la création du site internet. Après cette étape, je crois que je pourrai réellement communiquer sur le démarrage. 

Comment comptez-vous financer ce projet ?
Je compte en majeur partie sur les revenus que j’ai obtenu à l’issue du concours ‘’Miss Black Inspiration Canada 2016’’ que j’ai remporté. Je compte également sur l’appui de fonds privés et de fonds publics. Lorsque je parle de fonds privés, je fais allusion aux sponsors qui sont des commandites de types monétaires et aux commandites en nature qui nous offriront de l’équipement et du matériel. Pour ce qui concerne les fonds publics, il s’agira de voir dans quelle mesure, je pourrais avoir une aide du gouvernement canadien.  

Quels sont vos perspectives ?
Dans l’avenir en ce qui concerne ‘’la gare des idées’’, j’ai pour ambition de créer un réseau de jeunes leaders ivoirien qui, par l’entreprenariat social, aidera à résoudre de petits problèmes sociaux. Il s’agira en clair, d’un réseau de jeunes dynamiques, rigoureux et travailleurs  qui qui seront des modèles pour d’autres jeunes connaissant des situations précaires. 
Mon deuxième rêve, c’est de créer une  Web TV. C’est un projet qui sera en quelque sorte un aboutissement de mes projets. Cette Web TV me permettra de valoriser non seulement le patrimoine culturel ivoirien, mais également de pouvoir valoriser certains héros du quotidien qui excellent dans leurs domaines d’activités, mais qui demeurent inconnus. 
Mon troisième projet, c’est de créer un magazine papier qui vise à faire la promotion des artistes ivoiriens dans leur diversité culturelle. 

Quelles sont par ailleurs les difficultés que vous rencontrez ? 
Le financement demeure un épineux problème pour tout entrepreneur. Mais malgré tout, il faut avancer. 

L’opinion populaire affirme à tort ou à raison que la jeunesse ivoirienne est en perte de valeur et qu’elle acquise à la facilité.  Partagez-vous cette opinion ? 
Je pense que c’est assez réducteur de penser ainsi. Dans toutes les sociétés, il y a certains jeunes qui sont en proie à la facilité. Mais moi, je crois fermement en la jeunesse ivoirienne… et je crois fermement en la jeunesse africaine. Car elle déborde de potentiel. Ce qu’il faut faire, c’est de canaliser et de catalyser ce potentiel qui déborde, en encouragent cette jeunesse, en créant des entreprises. C’est en mettant en place des projets qui transformeront la vie de la jeunesse qu’on parviendra à corriger certaines limites. 

On parle de plus en plus de la fuite des cerveaux de l’Afrique vers l’occident à la recherche d’un mieux-être. Encouragez-vous cette migration effrénée ou vous demandez-vous aux jeunes de rester en Afrique ? 
J’encourage les jeunes à rester en Afrique afin de développer notre cher et beau continent et de faire de lui le futur eldorado de la planète. Car pour moi l’Afrique, c’est l’avenir. Je demande aux jeunes ivoiriens et africains de ne pas se laisser séduire par l’extérieur, mais de rester dans leur pays. Parce que si nous ne le faisons pas, personne ne viendra le faire pour nous. 
.Quand bien même j’étudie ici, mon objectif est de rentrer en Côte d’Ivoire à la fin de mes études afin de servir ma patrie.

Maria, nous sommes à la fin de notre entretien, avez-vous un message à donner à la jeunes et aux autorités ?
A la jeunesse ivoirienne et africaine, je voudrais leur demander de croire en leur potentiel. Lorsqu’on croit en ses idées et qu’on se bat pour y arriver, quelle que soit l’adversité et les vents contraires, on arrive au bout du tunnel. Il ne faut surtout pas avoir peur. Il faut oser.
Aux autorités africaines, je leur demande d’encourager la jeunesse et de l’aider. Car un pays qui investit dans sa jeunesse, c’est un pays qui peut espérer indubitablement un avenir radieux.  Auquel cas, c’est se tirer une balle au pied.
   
Quentin GOUROU
 



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