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L'esclavage en Libye s'impose au Sommet UE-UA

Le 5e sommet Europe-Afrique à Abidjan a débouché mercredi soir sur une série de mesures d'urgence pour mettre un terme à l'esclavage de migrants en Libye, devenu un des thèmes centraux des débats. 


Une réunion en urgence s'est tenue entre la France, le Niger, le Tchad, le Maroc, la République du Congo, l'ONU, l'Union africaine et l'Union européenne sur la lutte contre les trafiquants de migrants vendus comme esclaves en Libye.

"Une coopération étroite sera mise en place avec une task force opérationnelle associant les services de police et d'intelligence pour démanteler les réseaux et leur financement", a précisé le président français Emmanuel Macron, rappelant que les "trafiquants d'être humains" étaient "profondément liés" aux trafiquants d'armes, de drogue et aux mouvements terroristes qui opèrent dans toute la bande sahélo-sahelienne".

Une commission d'enquête de l'Union africaine va être mise en place sur le sujet, a révélé le président Macron, soulignant qu'une "communication volontariste à destination de la jeunesse" était nécessaire pour "décourager ceux qui ont cédé aux sirènes des passeurs".

Auparavant, lors de l'ouverture du sommet, le président ivoirien Alassane Ouattara avait appelé les jeunes "à ne pas se lancer à l'aventure au péril de leurs vies".

22 millions de nouveaux emplois annuels à créer

"Ce ne sont pas des promesses vides qui créeront les 22 millions de nouveaux emplois annuels dont l'Afrique a besoin", a fustigé la directrice Afrique de l'ONG ONE, Rudo Kwaramba-Kayombo. "Les dirigeants de l'UA et de l'UE doivent investir dans le développement à long terme et comprendre qu'en donnant la priorité à l'éducation, l'emploi et l'émancipation des jeunes".

"Ce sommet doit être le point de départ d'une action résolue contre cette tragédie" de l'immigration et de ses conséquences, a lancé le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a relevé que la "croissance économique impressionnante" en Afrique durant la dernière décennie était "insuffisamment inclusive", autrement dit que les inégalités de revenus restent trop importantes, ce qui pousse les jeunes à continuer d'émigrer.

"Cela fait des années que nous dénonçons comment les migrants en Libye sont victimes de détention arbitraire, de torture, de viol, d'exploitation", a rappelé Amnesty International appelant les dirigeants africains à "se réveiller".

60% de la population africaine a moins de 25 ans, et des centaines de milliers de jeunes désespérés par le chômage, la pauvreté et l'absence de perspectives dans leurs pays - en dépit de taux de croissance enviables pour certains d'entre eux - tentent d'émigrer vers l'Europe chaque année.

BBC
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