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Pauvreté : 12,8% d’Ivoiriens vivent dans la faim

La Côte d’Ivoire est un pays béni de Dieu. Sa terre, contrairement à d’autres pays qui l’entourent est nourricière. La terre ne ment pas, disait à ce sujet feu-Félix-Houphouët-Boigny, le père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne. Pays agricole donc, la Côte d’Ivoire produit, selon les statistiques 2016 du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, du manioc (4,54 millions de tonnes),  de la banane plantain (1,5million de tonne) de l’igname (3 millions de tonnes), du riz, du sorgho, du mil et de plusieurs autres produits légumineux.
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Mieux, le pays de pus de 24 millions d’habitants est le premier producteur mondial du cacao (2,1 millions de tonnes), de la noix de cajou (715000 tonnes), de la banane douce (320000 tonnes), de palmier à l’huile, de l’hévéa…Elle dispose également d’assez de cours d’eau favorable à d’autres cultures. Un pays fertile donc. Malheureusement, le pays connaît une difficile situation de faim ou de sous-alimentation et d’une insécurité alimentaire. Les statistiques de l’enquête approfondie sur la sécurité alimentaire (Easa 2015) note que 15,4% de la population ivoirienne a faim ou est en sous-alimentation. De ce qui est de l’insécurité alimentaire, la même étude avance une prévalence de 12,8% sur la période de 2000 à 2015. De façon spécifique, la même enquête précise que 12,6% des ménages ruraux sont en insécurité alimentaire dont 2,5%  en insécurité alimentaire sévère et 10,1% en insécurité alimentaire modérée. Si l’on rapporte ces proportions à la population rurale,  l’insécurité alimentaire  toucherait environ 1.269.549 personnes dont 232.602 seraient en insécurité alimentaire sévère.

La Côte d’Ivoire, ce pays malnutri

A l’issue de la crise post électorale, le taux d’insécurité alimentaire était estimé à plus de 29 % de la population au niveau rural. Sur le plan national, le taux de malnutrition aiguë globale s’élève à 5,4% (Smart, 2011).  La prévalence de  la malnutrition aigüe sévère est la plus élevée dans les pôles de l’Ouest (1,1%), du Nord  (0,9%) et  du  nord-ouest (0,8%). La prévalence de la malnutrition aiguë par sexe, montre que  les garçons  sont plus touchés que les  filles. En se basant sur les prévalences de la malnutrition aigüe modérée et sévère ainsi que sur les chiffres de population actualisés pour l’année 2010, on estime à 155781 le nombre d’enfants malnutris aigue modéré au niveau national et à 19 000 le nombre d’enfants malnutris aigue sévère. Une situation qui inquiète de plus en plus les Ivoiriens. Leur inquiétude est plus grande lorsqu’est évoqué le niveau de la croissance de l’économie ivoirienne. En effet, depuis 2012, le pays enregistre l’un des taux, les plus appréciés de l’Uemoa (Union économique et monétaire de l’Afrique de l’ouest). Il était de 9.8 % en 2012, 8.7 % en 2013 et prévue entre 8 et 9% en 2014. Aujourd’hui, ce taux se situe à 7,6%. Malheureusement, en dépit de cette forte tendance, les actes ne suivent pas. Car, la croissance de ces dernières années en Côte d’Ivoire n’est pas inclusive, elle est même exclusive. La majorité des Ivoiriens ne voient pas les taux de croissance extrêmement élevés impacter positivement leurs conditions de vie. Les emplois sont toujours aussi rares malgré le « vuvuzela » du gouvernement sur la création d’emplois.

La croissance à deux chiffres, rien que du vuvuzela

La vie est toujours aussi chère. Les services publics ne sont pas mieux lotis. En fait, la croissance économique qu’on observe en Côte d’Ivoire depuis 2012 traduit le retour à une économie totalement extravertie, désarticulée, et qui ne profite point au plus grand nombre d’Ivoiriens. Les ivoiriens assistent, impuissants, à la gloutonnerie des pillards et leurs alliés abusivement baptisée croissance économique. Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, la situation des quelques 5 millions d’habitants est dérisoire. Chômage, absence d’emploi ou emploi précaire…sont le vécu quotidien de ceux-ci. D’ailleurs les chiffres sur l’emploi publié en ce début de mois de l’année 2018, par le très sérieux Centre de recherche et de formation sur le développement intégré (Crefdi), une structure composée d’enseignants et chercheurs panafricain et non partisan sur la Côte d’Ivoire qui mène des enquêtes d’opinion publique sur la démocratie, la gouvernance, les conditions économiques, et d’autres questions connexes en Afrique, montre clairement la misère des jeunes ivoiriens. «Le chômage reste pour les Ivoiriens, le problème le plus important auquel le pays fait face et auquel le gouvernement devrait s’attaquer », fait savoir le rapport d’enquête.

Cette enquête réalisée sur un échantillon de 1200 ménages précise que plus de trois ivoiriens sur cinq (62%) estiment que le gouvernement répond«plutôt mal» ou «très mal » à la préoccupation de création d’emplois. Ce qui n’est d’ailleurs pas du goût de Sidi Touré, le ministre de la Jeunesse de l’Emploi des jeunes. Pour lui, seuls 2,8% des Ivoiriens sont pauvres. Il n’en fallait pas pour que les ivoiriens le contredisent. Pour eux, cette position de leur ministre relève d’une pure moquerie. Car, nombreux sont ceux d’entre eux qui, se tournent les pouces et pour trouver leur « salut »prennent la direction d’autres cieux, dont l’aventure Libyenne. Car, contrairement au chiffre de million d’emplois et plus annoncés récemment par Alassane Ouattara, les indicateurs notent toujours que le manque d’emploi et la pauvreté sont toujours au rendez-vous.

La misère des paysans

Seulement 17% d’Ivoiriens travaillent en plein temps et 8% travaillent à temps partiel. Un ivoirien sur quatre n’a pas d’emploi et en cherchent, mais n’y arrivent pas, notent les différents rapports. De quoi à conforter la situation d’extrême pauvreté et de misère qui touche les populations ivoiriennes. Le gouvernement lie cette situation à la baisse drastique du cours mondial sur le cacao. Cependant, le gouvernement note que globalement, ce sont 2,02 millions d’emplois qui ont été créés dans le secteur dit «informel», un chiffre qui est d’ailleurs loin des 5 millions d’emplois sur la période quinquennale. Les faits étant têtus, l’on note que de mai 2011 à octobre 2012, seulement 101670 emplois ont été créés. Une situation qui explique d’ailleurs le fort taux de chômage en milieu rural, urbain et même de la ville d’Abidjan. Les donnés consolidées il y a peu notent qu’il y a 1,2% de chômeurs en milieu urbain, 3,8% en milieu rural et 19,5% dans la seule ville d’Abidjan. Une situation qui fait dire à plusieurs Experts du monde de l’emploi que la situation est dans une phase très cruciale.

La situation des populations qui sont dans le pays rural n’est pas aussi rose que veut faire croire le gouvernement. Qui ne cesse de brandir à longueur de journées, les montants versés aux producteurs, notamment ceux du cacao sur la période de 2012 à 2016, montant qui se chiffre à 5085 milliards de Fcfa. Mieux, il exhibe aussi avec fierté le budget de l’année 2018 estimé à plus de 6756 milliards de Fcfa. Et pourtant, malgré cette « santé économique », le quotidien des populations se conjugue avec  misère, galère, malnutrition, absence de soins dans les hôpitaux. Les maux qui minent la société ivoirienne ne sont pas exhaustifs. Cela se ressent d’ailleurs par l’augmentation des prix des denrées alimentaires, même si l’Etat, il y a de cela quelques mois, a plafonné le prix de certains produits, notamment le riz, l’huile, la tomate et le ciment. Malheureusement, la réalité est tout autre. Le prix de ces produits n’est pas respecté dans plusieurs endroits. Et pourtant, ce sont des produits de grande consommation. Comme si cela ne suffisait pas, le même Etat ne cesse d’augmenter les coûts de l’électricité et de l’eau. « Comment voudriez-vous que les Ivoiriens arrivent à se nourrir si tout est mis en œuvre pour les appauvrir», s’interroge Yves Kouadio Kossonou, un agent de banque. Il en veut pour preuve, la non-maitrise des produits sur les marchés.

La Côte d’Ivoire, toujours dépendante de l’extérieure

Mieux, il s’attarde sur la politique sur le développement du riz en Côte d’Ivoire. Daniel Kablan Duncan, le vice-président de la Côte d’Ivoire lui ne dit pas autre chose. Il attribue cette situation difficile des Ivoiriens du fait de plusieurs facteurs. Ces facteurs sont entre autres, aux changements climatiques, aux pertes post-récoltes, au mauvais état des routes, à la transformation et à la conservation des produits et aux filières agricoles très peu organisées. Et pour réduire cette situation qui frappe ces quelques 12,8% des Ivoiriens, Daniel Kablan Duncan compte sur l’aide à un approvisionnement régulier en denrées alimentaires sur l’ensemble du territoire, le développement des cantines scolaires, la mise en œuvre de la stratégie de développement des routes et la création au niveau local d’infrastructures de stockage des denrées alimentaires. Le pays dispose-t-il des moyens pour atteindre cet objectif ? Le fossé paraît loin. Les exemples sont légions. C’est le cas par exemple au niveau de la politique rizicole (voir encadré). En effet, le pays s’est engagé il y a peu de développer un vaste programme pour justement, lutter contre la faim et même d’être autosuffisant et d’exporter son riz. Malheureusement, cette politique n’a pas atteint son objectif, à telle enseigne que la Côte d’Ivoire est toujours dépendante de l’extérieur en matière de riz.

Joseph Atoumgbré/letempsinfos
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