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Politique : 3e mandat, l'Imam Aguib Touré dit "Non" à Ouattara! [Vidéo]

En Côte d’Ivoire, l’ Imam Aguib Touré, réputé pour dire les vérités qui dérangent, s’est de nouveau adressé à Alassane Ouattara. Selon le guide religieux, le Président ivoirien doit respecter la parole qu’il avait donnée de se retirer du pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel.   
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L’ Imam Aguib Touré contre le 3e mandat d' Alassane Ouattara

L’Imam Aguib Touré a déjà eu quelques soucis avec le régime du Président Alassane Ouattara. Cet homme religieux avait été incarcéré pour des critiques portées contre le régime ivoirien. Il a fortement critiqué les décisions gouvernementales, notamment sur l’augmentation du prix du voyage pour le pèlerinage à la Mecque. Il comprenait mal que des Présidents ivoiriens, non-musulmans, aient maintenu un prix bas pour les voyages des musulmans, mais que le Président Alassane Ouattara qui est un des leurs laisse ce prix flamber. Il s’est aussi opposé à la destruction de logements dits anarchiques sans réelles mesures d’accompagnements. Il revient dans l’actualité avec de nouvelles déclarations contre le pouvoir d’Abidjan.

« Le Président (Alassane Ouattara, ndlr) a dit qu’il ne se présente pas » à l’élection présidentielle de 2020. « On l’en a remercié. Maintenant nous lui demandons de se souvenir de ses promesses puisqu’il dit qu’il va se présenter », a-t-il confié. Il est parfois reproché à ceux qui demandent au président de tenir ses engagements de faire de la politique, ce qui n’est pas le rôle des guides religieux. L’Imam Aguib Touré estime qu’il est hypocrite de porter cette critique aux personnes opposées à la troisième candidature du Président Alassane Ouattara. « L’ignorance de la communauté musulmane » est selon lui patente.

Pourquoi l' Imam Aguib Touré dit non au président de la Côte d'Ivoire

« J’ai dit une fois à un imam « Est-ce que les musulmans n’ont pas droit d’aider un Président à arriver au pouvoir ? », il dit « Oui ! » « Est-ce qu’on ne prend pas les sacrifices pour qu’il vienne au pouvoir ? », il dit, « Oui ! » « Et lorsqu’ils sont au pouvoir et qu’ils nous donnent à manger, sommes-nous contents ? », il dit « Oui ! » Alors pourquoi lorsqu’il fait une erreur et qu’on en parle cela devient de la politique ?», a-t-il interrogé.

L’Imam Aguib Touré poursuit en disant « Quand ils font des mauvaises choses et qu’on subi les conséquences, ce n’est pas politique ? Quand ils font des c*... et que les musulmans sont tués, ce n’est pas politique ? Lorsqu’on l’attaque et les musulmans vont le défendre, ce n’est pas politique ? Mais lorsqu’il déraille et qu’on en parle, on dit que c’est politique. Ça c’est l’hypocrisie pure » a-t-il adressé aux porteurs de critiques contre les guides religieux qui se prononcent sur l’actualité du pays. « Mes frères et mes sœurs, soutenons notre frère lorsqu’il est dans la vérité et soutenons-le lorsqu’il est dans l’erreur… Mais comment le soutenir lorsqu’il fait de mauvaises choses : « Je dis conseillez-le », a-t-il encore confié.

Le revirement d'Ado que refuse l'imam

Le Président Alassane Ouattara a pris les commandes de l'Etat de Côte d’Ivoire le 6 mai 2011, à la fin d’une crise post-électorale qui avait fait 3000 morts, selon les chiffres officiels. Le 8 novembre 2016, il avait fait adopter une nouvelle constitution qui, comme l’ancienne, limite les mandats du Président à 2. A l’époque, plusieurs juristes proches du Président Alassane Ouattara assuraient qu’il n’allait pas se représenter à l'élection de 2020 parce que la nouvelle constitution ne lui donnait pas ce droit-là. Le chef de l’État avait également fait campagne sur ce même positionnement pour faire adopter la nouvelle constitution. Il a ensuite désigné feu Amadou Gon Coulibaly, son ancien Premier ministre comme candidat à la présidentielle pour le compte du RHDP, son parti politique. Malheureusement, ce dernier est décédé le 8 juillet 2020 d’un arrêt cardiaque. Peu après son enterrement, le Président Alassane Ouattara est revenu sur la parole donnée pour se porter candidat à la prochaine élection.

Le Président a cité un cas de "force majeure" du fait du décès de son compagnon Amadou Gon Coulibaly. Pour beaucoup d'ivoiriens, le décès d'un Premier ministre, candidat déclaré soit-il d'un parti politique, ne peut permettre un viol de la constitution d'un pays. C'est ce revirement du Président Alassane Ouattara, décrié par l’opposition, que dénonce l’ imam Aguib Touré. Il faut noter que des manifestations de l’opposition contre le 3e mandat d'Alassane Ouattara ont déjà fait au moins 3 morts en Côte d’Ivoire.


Patrice Dama
Afrique-sur7

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