Politique : Acquittement de Gbagbo et Blé Goudé, le président des victimes de Côte d’Ivoire (CVCI) en colère, "les victimes ont assisté à une farce judiciaire"

Le président des victimes de Côte d’Ivoire (CVCI), Issiaka Diaby, est en colère après la libération totale de l’ancien président Laurent Gbagbo et du président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé ce mercredi 31 mars.   

Le président des victimes de Côte d’Ivoire (CVCI), Issiaka Diaby, estime que les victimes ont été victimes d’une farce judiciaire et de l’incompétence de la Procureur en fin de mandat.

« Nous venons de prendre connaissance de la décision. Ma réaction est issue du sentiment des victimes. Aujourd’hui après cette décision, certaines victimes estiment qu’elles ont été les dindons d’une farce judiciaire, la cinquième roue d’un carrosse judiciaire. Que, le bureau du Procureur et la CPI coalisés ont organisé des manœuvres savamment orchestrées pour violer leurs droits fondamentaux à la justice. Effectivement nous constatons à travers cette décision que la CPI vient de démontrer son inefficacité à lutter contre l’impunité après de deux séries de violence survenues dans notre pays.

Cette décision consacre l’impunité et est favorable au regain de violence et aux commissions de crimes de masses dans le pays. C’est vraiment dommage. Nous allons nous conformer à cette décision, mais il faut qu’on parle des conséquences. 3000 morts, il n’y a pas de coupables. C’est quand même grave pour cette institution de justice internationale qui a travaillé en toute liberté pendant 8 ans qui n’a pas été capable de mettre un nom et un visage sur ces victimes. C’est ce que nous déplorons.

Nous allons rencontrer les victimes dans les quarante-huit heures à venir pour apaiser leur cœur et atténuer leur souffrance. Après quoi nous allons initier des actions. Ce que je voudrais dire, la Côte d’Ivoire a beaucoup souffert. L’impunité érigée en mode de gouvernance fait de chacun de nous, des futures victimes.

Ceux qui n’ont pas été victimes en 2000 l’ont été en 2002. Ceux qui n’ont pas été victimes en 2002, l’ont été en 2004, etc. Même lors des élections de 2020, il y a eu des victimes parce que les auteurs n’ont pas été inquiétés.

Nous sommes déterminés à lutter contre l’impunité et à créer un environnement de justice dans notre pays. La CPI a dit dans sa première décision que des crimes ont été commis. Le bureau du Procureur n’a pas été capable de prouver que les faits allégués sont imputables à Laurent Gbagbo et Blé Goudé.

Mais qui a tué. Les victimes ne peuvent pas être victimes de l’incompétence du bureau du Procureur. Bensouda a fait le choix de ses incidents en ignorant les principaux.

Vu l’échec de CPI qui a dit que malgré l’acquittement de Simone Gbagbo en Côte d’Ivoire elle estime que la procédure n’a pas été équitable. (...)

Je ne suis pas du tout peiné. Je suis inquiet pour la Côte d’Ivoire. Si nous restons dans l’impunité, chaque citoyen doit se considérer en danger... », a-t-il déclaré.

La confirmation par la Cour Pénale internationale (CPI) de l’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé est une « nouvelle déception » pour les victimes des violences postélectorales, a réagi mercredi Michèle Eken, chercheuse sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Les victimes des violences postélectorales de 2010-2011 en Côte d’Ivoire seront une nouvelle fois déçues aujourd’hui, la CPI ayant confirmé l’acquittement de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, ce qui signifie que le tribunal n’a tenu personne responsable pour les crimes atroces commis pendant cette période. », a-t-elle déclaré.

En outre, le 6 août 2018, a-t-elle rappelé, le président Alassane Ouattara avait adopté une ordonnance accordant l’amnistie à 800 personnes accusées ou déclarées coupables de crimes liés à la crise de 2010-2011 ou d’autres atteintes à l’autorité de l’État.

« Cela empêche les tribunaux nationaux d’engager des poursuites pour les crimes de droit international ou d’autres graves atteintes aux droits humains perpétrés en 2010-2011 et bafoue les obligations de la Côte d’Ivoire au regard du droit international. », a indiqué la chercheuse.

Pour elle, « que ce soit à l’échelle nationale ou internationale, les victimes des violences de 2010-2011 n’ont toujours pas obtenu justice, pas plus que des réparations pour les préjudices subis »


Blackson Dodo Sylvain, Correspondant/Akody.com

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