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Politique : Macron convoque les présidents du G5 Sahel, une aubaine pour tordre le cou à la Françafrique ?

Lors de son discours au sommet de l’Otan à Londres, le 04 décembre dernier, le président Macron a convoqué ses pairs du G5 Sahel à une réunion à Pau, ville du sud-ouest de la France et base du régiment de la plupart des soldats récemment tués au Mali. 
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Il souhaite que ces chefs d’Etat africains clarifient et formalisent leur demande à l’égard de la France et de la communauté internationale concernant leur présence militaire au Sahel. 

Les présidents des pays du G5 Sahel sont invités par Emmanuel Macron le 16 décembre prochain à Pau pour exprimer clairement leur opinion au sujet du bien-fondé de l'opération Barkhane.

Pour le président français, il est temps de redéfinir la mission de la France contre le terrorisme dans cette région du monde.

« Notre responsabilité est d'y faire face, mais pas seuls, nous devons donc à très court terme redéfinir le cadre et les convictions de notre engagement, notamment avec les cinq pays », a-t-il précisé au sommet de l’Otan.

Macron met ainsi, en face de leur responsabilité, ses pairs du Mali, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, où le dispositif Barkhane est déployé.

Quand la rupture annoncée par Macron n’a pas lieu

Sur un ton ferme, le président Macron a demandé : « Que veulent-ils de nous ? Ont-ils besoin de nous ? ». Avant d’annoncer : « J'attends des réponses claires pour réévaluer notre engagement ».

Cette sortie presqu’autoritaire d’Emmanuel Macron intervient au moment où le sentiment anti-français est exacerbé dans les pays du G5 Sahel.

Le vendredi 8 novembre, quelques milliers de personnes ont manifesté à Bamako pour soutenir l'armée malienne et conspuer les forces étrangères au Mali.

Des veuves de militaires maliens morts au front au centre et au nord du Mali, ont également participé à la manifestation qui s'est déroulée sans grands incidents.

Au Burkina Faso, le sentiment anti-français est encore plus fort avec une jeunesse nourrie à la sève des déclarations enflammées de Thomas Sankara contre le néocolonialisme. Le ministre de la Défense burkinabé Chérif Sy s’est même permis des sorties contre la France et les militaires de Barkhane.

Ces réactions suscitent l’ire de la France, qui s’érige désormais en grand défenseur de l’Afrique. C’est elle qui nous aurait sauvés d’un péril certain. Sans ses troupes, si humanistes nous dit-on, les pays du G5 Sahel seraient déjà sous la domination des djihadistes. Pourtant, cela fait plus de 7 ans que les soldats français sont présents dans la région, d’abord sous l’opération Serval, ensuite Barkhane. Une armée suréquipée qui n’arrive pas à bouter hors de nos frontières un groupuscule de fous d’Allah ! Etrange non ? Pis, les attaques se multiplient et les terroristes gagnent du terrain. Comment ne pas nourrir des suspicions de collusion ? Soit, passons !

La France dit qu’elle sauve l’Afrique, gratuitement (c’est encore à vérifier), du péril terroriste. Mais nous devons lui rappeler que nos parents sont morts pour sa liberté pendant les deux guerres mondiales.

Quand allons-nous assumer notre propre défense ?
Au fond, nous n’en voulons pas à la France et à son arrogance, mais nous interpellons nos présidents qui permettent à l’ancien colonisateur de se croire tout permis. Thomas Sankara disait qu’« Un peuple conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe d’hommes quelles que soient leurs compétences. Les peuples conscients assument eux-mêmes la défense de leur patrie ». Si nous sommes incapables de mettre en branle une armée sous régionale pour venir à bout d’un groupuscule de décérébrés, ne nous étonnons que la France nous traite comme de grands enfants. 

Parce que nous sommes un seul et même peuple, il nous revient aujourd’hui à nous d'assurer la défense de nos frontières et par-delà notre destinée ! Cette convocation françafricaine se présente comme une occasion inespérée pour nos chefs d'état en général et ceux du G5 Sahel en particulier, de se dresser comme un seul homme contre l’infantilisation de l’Afrique.

Ce dont nous avons besoin le 16 décembre, c’est d’un non catégorique comme celui de Sékou Touré face à la Communauté française de Gaulle. 

Paula K. avec Alex Dimeco, Correspondant/Akody.com

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