Procès des disparus de Novotel : les accusés rejettent en bloc les rapports des examens psychiatriques

Les 10 accusés du procès des disparus de Novotel ont rejeté, mardi, en bloc, les rapports des examens psychiatriques qui les présentent comme ‘’ des individus très dangereux pour la société et qui méritent une sanction pénale, s'ils sont reconnus coupables’’ des faits pour lesquels ils sont poursuivis devant la Cour d’Assises.

Il s’agit des rapports des enquêtes de moralité et les procès-verbaux des examens psychologiques et psychiatriques réalisés sur les 10 accusés lors de l’instruction judiciaire lus par le juge-président Mourlaye Cissoko.

Premier à prendre la parole, le commissaire Osée Logué a marqué son ‘’étonnement’’ pour ce  ‘’rapport qui me traite d'individus dangereux’’ pour la sécurité publique.

‘’Je n'ai jamais rencontré de médecin venir me poser des questions sur mon état psychiatrique et voilà qu'un rapport me prête un comportement qui est loin d'être le mien. Mr le président, je ne reconnais pas ce rapport», conteste le commissaire de Police.

Le général Brunot Dogbo Blé, lui, dénonce, un ‘’rapport fictif fabriqué de toutes pièces par un soi-disant médecin’’. Comme son frère d’arme, Osée Logué, il déclare n’avoir ‘’jamais reçu la visite d'un psychologue ou d'un psychiatre. Je n'ai jamais reçu cette visite ni d'Adam ni d'Eve’’, insiste-t-il.
‘’Ce que je sais, le juge d'instruction m'a remis un document pour lequel je n'ai jamais vu un médecin», dénonce le général Dogbo Blé soulignant que c'est seulement dans l'affaire Robert Guéï qu'il a reçu la ‘’visite’’ d’un médecin.

‘’Je suis pompier. Je n'ai jamais reçu de médecin venu me poser des questions sur mon état psychiatrique. J'ai reçu la visite d'un homme qui s'est présenté comme médecin à la Maca. Au moment où il s'apprêtait à me poser des questions, il a reçu un coup de fil. Il est parti et il n'est plus jamais revenu’’, relate pour sa part, l’accusé Félix Houphouët Koffi.

Il explique à la Cour qu'il est loin d'être l'individu dangereux dont il est traité dans le rapport. ‘’À la Maca où je suis, tous les détenus savent que je suis ouvert à tout le monde et j'aide tous ceux qui ont des problèmes de santé. Je suis donc étonné des conclusions de ce rapport. C'est parce que je sers tout le monde que  Yacou le Chinois m'a pris comme son médecin personnel. C'est moi seul qu’ill voulait pour ses soins», renchérit l'Accusé.

Etonné à l’instar de ses co-accusés, le Colonel Ohou Modi dénonce un rapport ‘’préfabriqué’’, ‘’le même qui m'a été fait par la doyenne des juges. J'ai dit au juge que je ne sens pas concerné parce que je n'ai jamais eu de visite de médecin’’, s'offusque-t-il.

Face à ces ‘’faux rapports médicaux’’, la Défense exige la ‘’comparution’’ du médecin légiste-expert, auteur desdits rapports. Elle n’a pas été suivie par la Cour estimant que ‘’sa comparution n’allait pas faire évoluer les débats’’.

‘’Ce sont de faux rapports. Le médecin expert ne les a jamais vus. Ce sont des rapports fabriqués ou alors ils ont simplement regardé le visage des personnes pour tirer des conclusions purement subjectives. Des accusés disent qu'ils n'ont jamais vu de médecin. Ce sont de faux rapports’’, assène Me Blédé Dohora quand Me Bobré Félix insiste pour que ‘’le médecin vienne à votre barre pour dire si oui non, il a visité effectivement nos clients pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté.’’

Me Mathurin Djirabou plaide pour que ‘’le juge use de son pouvoir discrétionnaire pour faire venir ce médecin’’.

En réponse à la requête de la défense,  le juge-président Mourlaye Cissokoinstruit le Greffier audiencier de ‘’bien noter au plumitif les observations faites aussi bien par les accusés que leurs conseils’’, en revanche, il ne fait pas droit à la demande de la Défense et annonce les plaidoiries qui s'ouvrent ‘’mercredi 5 avril et jeudi 6 avril 2017 pour laPartie civile et le Parquet général’’, suivies de celles de la Défense le 11 avril 2017.

Huit militaires dont le général Dogbo Blé, ex-commandant de la Garde républicaine et deux civils sont poursuivis en assises, pour avoir non seulement  «enlevé» le 4 avril 2011, à l'hôtel Novotel au Plateau, mais aussi «séquestré et assassiné», l'opérateur économique français Yves Lambelin, ainsi que le directeur de l'hôtel Novotel d'Abidjan, Stéphane Frantz Di Rippel, le Béninois Raoul Adeossi et le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de l'entreprise Sania, filiale du groupe Sifca.


HS/ ls/ APA

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