Référendum du 30 octobre 2016 : Sangafowa explique les enjeux dans le Poro

La nouvelle Constitution contient de nombreux points positifs qui nécessitent des éclairages. En mission d’explication dans le Poro depuis le 26 octobre, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Sangafowa Coulibaly, a rencontré le corps préfectoral, les élus, les cadres, les forces de sécurité, les chefs traditionnels et toutes les forces vives de la région.
La nouvelle Constitution est une grande chance pour la Côte d’Ivoire. Pour le faire comprendre, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Sangafowa Coulibaly, coordonnateur adjoint pour la campagne référendaire dans la région du Poro, a échangé avec les Préfets, sous-préfets, les corps constitués, la société civile et toutes les forces vives, le 26 octobre à la préfecture de Korhogo. Expliquant l’initiative du président de la République, le ministre a fait noter que le Président Alassane Ouattara a d’abord mis l’accent sur la justice entre les citoyens et l’égalité des citoyens face à la loi. Car, dit-il, c’est l’injustice qui est à la base des affrontements. Cette nouvelle loi est donc conçue pour préserver la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire. «Sa vision, c’est de doter notre pays d’une loi qui préserve la paix et la stabilité pour de bon. Pour ce faire, il s’est interrogé sur les facteurs clés qui conditionnent la paix et la stabilité dans un pays, en se référant à ses expériences vécues ici et là, à l’histoire des Etats mais aussi et surtout à l’histoire qu’il a lui-même vécue sur place », a instruit le ministre Sangafowa.

Il a aussi relevé un autre facteur qui est source de confrontations. Il s’agit des élections en Afrique, surtout celles relatives aux électionsprésidentielles. Un troisième et non des moindres, souligne le coordonnateur, concerne les questions de succession qui sont susceptibles de créer une rupture dans la continuité de l’Etat. A ce sujet, il a rappelé les incompréhensionsliées à la succession du Président Félix Houphouët-Boigny entre les Présidents Konan Bédié et Alassane Ouattara.

Il a indexé l’article 11 du Code de la succession dont les différentes interprétations ont été à l’origine du clash entre les deux personnalités après le décès du Président Houphouët-Boigny. Tirant les leçons de ce passé douloureux, le ministre Sangafowa a indiqué que Alassane Ouattara et Konan Bédié ont sagement réfléchi pour trouver un autre mécanisme afin d’éviter les problèmes de succession. « Voilà pourquoi il a été introduit le poste de vice-président dans la nouvelle Constitution…

Les élections sont sources de confrontation surtout pour les élections présidentielles. Il nous appartient donc de nous doter d’articles clairs qui nous préservent de crises pré ou post-électorales…
Quand cette question n’est pas bien réglée, elle devient source de confrontation, donc d’instabilité», a clarifié le ministre. Pour étayer ses propos, il a rappelé le cas du Ghana voisin qui n’a pas traversé de crise après le décès de l’ex-Président Atta Mills, car les textes qui gèrent la succession sont assez clairs sur le sujet. Propriété foncière, Chambre des rois et chef traditionnels Concernant la question du foncier urbain ou rural, Sangafowa a soutenu qu’il s’agit de prévenir et d’éviter les conflits. « Ce sont des questions qui quand elles ne sont pas bien réglées, sont source de conflits et de confrontation. Là aussi l’objet du présent projet de loi c’est de régler une bonne fois pour toute par la loi fondamentale,les questions de propriété » a fait savoir le ministre de l’Agriculture et du Développement rural.

Concernant le statut particulier des chefs et rois traditionnels, Sangafowa
Coulibaly a fait noter que ces mesures trouvent leurs sens du fait que ceux-ci sont les premiers interlocuteurs des autorités politiques et administratives du pays et constituent des régulateurs de la vie sociale dans leurs différentes contrées. «Après avoir observé le rôle qu’a joué la chefferie traditionnelle pendant les quinze dernières années, le Président Ouattara s’est dit que si nous voulons un régulateur social très fort auprès de l’administration locale, il faut que nous érigions la Chambre des rois en une institution…Le Président considère que si nous nous voulons aussi en cas de difficulté donner une chance à la paix, il faut que les gardiens de la tradition aient un rôle institutionnel à jouer », a commenté le ministre. Ces cinq points qu’il a développés ont été murement réfléchis avant d’être introduits dans la nouvelle Constitution, dit Sangafowa Coulibaly. C’est pourquoi il souhaite que la majorité des citoyens s’approprient cette loi fondamentale et
se mobilisent autour pour dire Oui au referendum. «Nous sommes convaincus et nous souhaitons que la  majorité des citoyens nous suivent…
Si nous disons que ce projet ne nous conviens pas, mais nous
sommes quand même tous d’accord qu’il est mieux que celui qui est en vigueur », a-t-il fait remarquer.
Toutefois il pense que la nouvelle Constitution pourra subir des améliorations, car toute oeuvre humaine est perfectible. « …Les générations futures pourront l’améliorer, et c’est l’une des forces du nouveau projet de loi… Ce nouveau projet de loi sera plus souple à amender que l’ancien, c’est à dire qu’à la pratique, s’il y a des dispositions qui ne conviennent pas, le congrès qui est constitué du Parlement et du Sénat pourra le faire sans recourir à la voie référendaire », a conclu le coordonateur Sangafowa Coulibaly. Son riche exposé a convaincu les personnalités qui ont été conviées à la rencontre. Elles ont pris l’engagement de voter Oui au
referendum du 30 octobre.


Le Mandat

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