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Retro Politique 2015 : la première élection présidentielle avec zéro violence depuis 1990

Abidjan (Côte d'Ivoire) - L’année finissante, 2015, a été marquée sur le plan politique par la première élection présidentielle sans violence organisée en Côte d’Ivoire depuis un quart de siècle (1990) et qui a vu Alassane Ouattara rempiler pour un second mandat de cinq ans à la tête du pays, devant une opposition qui a eu du mal à faire son unité autour d’un candidat unique.

La Côte d'Ivoire qui vient de finir son élection présidentielle, dimanche, est ‘'un exemple pour les Etats africains pour ce scrutin avec zéro incident'', a estimé, deux jours après le scrutin présidentiel du 25 octobre 2015, l'ex-président malien Dioncounda Traoré qui présidait le Groupe de contact de haut niveau de la Plate-forme de veille des femmes et des jeunes pour des élections apaisées et crédibles dans le pays.
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Comme M. Traoré, tous les observateurs nationaux ou internationaux de cette élection ont salué le climat apaisé qui a prévalu avant, pendant et après le scrutin. Une première au pays qui a, successivement, connu un boycott actif (1995) avec de nombreuses victimes et des déplacés ,
300 morts à la présidentielle de 2000, selon l'ONU et une crise postélectorale qui a fait 3000 morts en 2010.

Pour sa part, Pr Maurice Kakou Guikahué, Secrétaire exécutif du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), a loué l'esprit fair-play qui a prévalu durant cette élection présidentielle.

‘'Depuis 1990, c'est la première élection apaisée, sans violence. Pendant la campagne, nous n'avons pas observé d'invectives de part et d'autre. Chacun a rempli son devoir civique dans la sérénité et dans la paix'', a commenté le collaborateur du président Henri Konan Bédié.

Même l'attente prolongée des résultats provisoires n'a pas altéré la patience des électeurs. Mieux l'acte républicain du candidat malheureux Bertin Konan Kouadio dit KKB qui a téléphoné au président sortant, Alassane Ouattara pour saluer sa ‘'victoire certaine'' avant la proclamation desdits résultats (une première également), a donné
une ‘'onction'' à la crédibilité du scrutin, finalement, boycotté par trois candidats sur les dix retenus par le Conseil constitutionnel.

Cependant, les scores des candidats Essy Amara, Mamadou Koulibaly et Charles Konan Banny qui se sont retirés du processus électoral après avoir empoché 100 millions FCFA comme les autres candidats, au titre d'une contribution ‘'exceptionnelle'' de l'Etat à la campagne électorale des candidats, ont été pris en compte. Ils dénonçaient un
‘'processus électoral inéquitable'' et ne voulaient pas se ‘'rendre complices d'une mascarade d'élection''.

En définitive, recueillant 83,66% des suffrages, Alassane Ouattara, réélu dès le premier tour, président de la république, devançait le candidat du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'Guessan (9,29 %) et Kouadio Konan Bertin (KKB, 3,88 %). Le taux de participation s'élevant à 52,86%.

Les dissensions internes au FPI et au PDCI, deux des plus grands partis politiques ivoiriens, ont, cependant, influencé le scrutin présidentiel, du moins, le taux de participation. En effet, de profondes divergences d'opinion et de courants sont apparues au sein de ces formations politiques au cours de cette année électorale.

Le FPI, parti fondé par Laurent Gbagbo, ex-opposant historique au Père de la Nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny, divisé par une guerre interne entre les ‘'modérés'' menés par Pascal Affi N'Guessan,et les « ultras » conduits par Abou Drahamane Sangaré, qui contestent la légitimité du premier en tant que président du parti.

Ce groupe, baptisé plus tard ‘'les frondeurs'', reprochait à Affi N'guessan d'avoir engagé le ‘'rajeunissement'' du parti, avec un nouvel organe dirigeant (Secrétariat général du 5 juillet) et ‘'renoué'' le dialogue avec le gouvernement et la présidence ivoirienne, après sa sortie de prison.

Des actes perçus par Abou Drahamane Sangaré et les siens comme une trahison, dans l'objectif de jeter aux oubliettes le fondateur du parti, en attente de procès à la Cour pénale internationale (CPI, le 28 janvier 2016). ‘' Pas d'élection présidentielle, sans Gbagbo'', a été leur leitmotiv.

La crise s'étant intensifiée, les deux parties se sont retrouvées devant la justice ivoirienne qui a confirmé, début avril, Pascal Affi N'Guessan dans sa fonction de président du FPI, et interdit à Abou Drahamane Sangaré et son clan d'utiliser le nom et le logo du parti,consumant par la même occasion, le divorce entre les deux camps.

De son côté, la plus vieille formation politique, le PDCI, ex-parti unique (1960-1990) a affronté un nouveau courant conduit par Bertin Konan Kouadio, qui s'est opposé à l'ancien chef de l'État et président du parti, Henri Konan Bédié, en plus des candidatures d'Essy Amara et Konan Banny, deux membres du Bureau politique.

Cette tendance a été réfractaire à l'Appel de Daoukro prononcé par M. Bédié, qui prônait un ralliement à Alassane Ouattara et en faisait le candidat unique de la coalition du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHHDP), dont le PDCI et le Rassemblement des républicains (RDR )constituent l'épine dorsale. Ces deux crises au FPI et au PDCI ont, sans doute, une part dans le fort taux d'abstention (47,14%) à la présidentielle.

HS/ls/APA
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