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Société : Alors qu’elle croyait enfin avoir regagné ses parents biologiques, après 26 ans de séparation, une jeune fille se retrouve au cœur d’une bataille juridique entre deux familles

C’est une histoire presqu’incroyable, celle d’une jeune fille qui croyait enfin avoir retrouvé ses parents biologiques, en juillet dernier, après une longue séparation de 26 ans. Pourtant, son calvaire ne venait que de commencer. Sa famille adoptive ou plutôt biologique-vous l’aurez compris, c’est un imbroglio total-entend à présent ouvrir une bataille juridique pour reprendre Marina ou Charlène. 
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Un retour providentiel et inespéré

Fin août, la presse relayait (notamment le quotidien gouvernemental Frat-Mat) l’histoire sensationnelle d’une jeune fille du nom de Charlène qui retrouvait enfin sa famille biologique ou présumée biologique, les Gbongba. Alors qu’elle n’avait que 3 ans, rapporte-t-on, elle avait été enlevée dans des circonstances troubles à l’époque, comme le relève Mme Marguerite Mao, sa présumée mère biologique, heureuse de revoir sa fille perdue : « C’est le jour où Gbagbo marchait au Plateau (18 février 1992). Donc à la justice là-bas, les gens lançaient cailloux.

Avant que les corps habillés vont venir, on nous a fait coucher parce que c’étaient seulement les cailloux et les bois (…) Avant qu’ils vont finir de faire ça et que je vais me rendre à Yopougon, je viens et j’arrive devant la porte et on me dit ma fille est perdue » confie-t-elle. Depuis ce jour sa vie a basculé, sa belle-famille l’ayant reniée car l’accusant de la disparition de leur petite fille. Les retrouvailles entre Charlène et sa famille biologique supposée, qui vit à Wassakara à Yopougon, ont été possibles grâce à un heureux concours de circonstances. Une des amies de Charlène, qui savait toute son histoire, en a un jour parlé à sa mère. Or cette dernière connaissait un instituteur, M. Gbongba, qui lui avait parlé de la disparition de sa nièce, en 1992. C’est ainsi que, de fil en aiguille, l’histoire se dénoue, les pièces s’emboîtent parfaitement et une rencontre est organisée entre Charlène et sa famille biologique supposée. La mère biologique présumée, Marguerite Mao, par intuition peut-être, dit avoir reconnu sa fille dès le premier regard. Mais pour se rassurer, elle l’aurait soumise à une inspection corporelle qui lui aurait permis de reconnaitre sa marque de naissance.

Avant que Charlène ne retrouve ses prétendus parents biologiques, elle vivait chez une dame du nom de Brigitte Doh qui a toujours dit être sa tante. Brigitte Doh, qui vit au toit rouge avec son mari, affirme que le père de Charlène (son frère) est décédé avant sa naissance et que sa mère a disparu de la circulation depuis qu’elle l’a mise au monde.

Les deux familles se disputent la jeune fille

Grâce à sa curiosité et surtout à son abnégation, Charlène a mené des recherches qui lui ont permis de retrouver sa famille biologique supposée. Mais l’histoire ne fait que commencer. La famille adoptive (elle se veut biologique elle aussi), les Doh, réclame à présent la jeune fille, qu’elle avait (ré) baptisée Marina. Pour corser davantage les choses, la version de Brigitte Doh, selon laquelle elle est la tante de Charlène, est corroborée par sa sœur, présentée comme la mère biologique de Marina/Charlène, Mme Catherine Gueu.

Celle-ci déclare qu’elle a abandonné sa fille à sa grande-sœur parce qu’elle avait d’autres ambitions que celle d’élever un enfant. La famille présumée ravisseuse de Charlène affirme donc que les Gbongba ne se sont trompés de personne. L’époux de Brigitte Doh, Charles Cla, huissier de justice, est également catégorique : « La fille dont il s’agit, Marina, a 23 ans aujourd’hui. Comprenez donc que 23 ans, ne peut pas être la même chose que 30 ans. Or la fille de Gbongba elle est, en 1992, âgée de 3 ans, c'est-à-dire qu’elle est née tout au moins en 1988 ou en début 1989. Cette fille, aujourd’hui si elle existait, elle devait avoir 30 ans. A cet âge-là de 1992, où la fille est perdue et qu’elle avait 3 ans, si elle existait en 2001, la fille aurait eu 13 ans. A 13 ans c’est une jeune fille. On ne peut pas inscrire, dans une école publique, une fille de 15 ans au CP1. Or Marina a été inscrite en 2001, au moment où elle n’avait que 6 ans, au CP1. L’écart d’âge prouve déjà que ce n’est pas la même personne. ». Pour appuyer leur version, les Cla et les Doh ont sorti des tiroirs les bulletins de note de leur Marina quand elle était au CP1.  

Le choc des arguments avancés par chaque famille conduit inévitablement à une bataille juridique que M. Charles Cla appelle de tous ses vœux…à moins que des analyses médico-légales mettent un terme au débat. 

Paula K. avec Alex Dimeco, Correspondant/Akody.com





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