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Côte d’Ivoire/Politique : 3ème mandat présidentielle « Ma décision est … prise », Alassane Ouattara

La Côte d’Ivoire a accueilli du 05 au 07 avril 2019 à Abidjan, le « Ibrahim Governance Week-end » (Semaine Ibrahim sur la Gouvernance), l’événement annuel de la Fondation Mo Ibrahim. Le milliardaire anglo-soudanais a profité de l’occasion pour interroger le Président Ouattara sur l’éventualité d’un 3ème mandat. L’homme fort d’Abidjan a fait savoir qu’il n’a jamais fait plus de 6 ans à un poste. Sa morale lui commanderait aussi de passer le flambeau à une nouvelle génération. 
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L’histoire interpelle Ouattara

« Est-ce que vous voulez continuer à avoir un autre mandat, jusqu’à 6 mandats ? », interroge Mo Ibrahim tout rieur. « Ah je vais vous dire qu’il faut vous arrêter à 4, parce que tous ceux qui ont tenté un 5e mandat ça n’a pas marché hein », s’empresse de répondre Alassane Ouattara. Un clin d’œil évident à l’histoire et surtout à l’actualité algérienne avec le 5e mandat de Bouteflika qui n’est pas passé. Mais dit comme ça, c’était comme si le Chef de l’Etat ivoirien ne se gênerait pas pour faire au moins les 4 mandats non risqués.

Alassane Ouattara s’expliquera un peu plus sérieusement, après un fou rire avec Mo Ibrahim. « Vous savez, le job de Président ça fait 8 ans que je le fais. Je n’ai jamais occupé de fonction depuis plus de 6 ans, que ce soit directeur Afrique du FMI, directeur général adjoint, gouverneur de la banque centrale, directeur des études et donc j’ai déjà fait 8 ans, ce qui n’est pas mal. Je n’ai jamais fait plus de 6 ans dans un job. Ça c’est la première chose ».

Ouattara pense à une nouvelle génération

Puis d’ajouter pour être plus explicite encore : « La 2e chose c’est que j’ai toujours cru qu’il faut un renouvellement de génération en Afrique. Voyez-vous 75% des Africains ont moins de 35 ans. Je prends le Président français, il a 40 ans. Moi mon fils aîné a 52 ans. Il est donc clair que pour moi la voie doit être au transfert à une nouvelle génération. Ça me paraît tellement évident. Maintenant, à cause de Linas-Marcoussis et des arrangements, nous n’avons pas mis de limite d’âge dans notre Constitution. C’était 75 ans avant, mais la morale voudrait que quand même, on se dise, à un moment donné, on offre moins en contribution à ce pays quand on prend de l’âge. Et que par conséquent il faut être raisonnable. Il arrive un moment où, même si la Constitution peut le permettre, vous devez décider de faire en sorte de transférer le pouvoir à une nouvelle génération. ».

« Attends, je ne vous dit pas que je m’en vais hein »

Cette fois, on se dit que ça y est, le Président Ouattara va finir par dire ce que tout le monde attend. Les gens attendent tellement qu’on les sent scruter ses lèvres. Malheureusement, le Chef de l’Etat va plutôt nuancer ses propos (vous ne croyez quand même pas qu’il aurait annoncé son départ à un forum !). « Attends, je ne vous dit pas que je m’en vais hein, j’ai pas dit que je m’en vais… », se rétracte un peu Ouattara et de donner ses raisons : « Vous devez vous demander est-ce que votre pays a atteint les objectifs que vous vous êtes fixés en venant dans cette fonction.

Est-ce que le pays est suffisamment stable, est-ce que le pays est en sécurité, est-ce que vous avez une équipe qui peut faire la suite ? Une fois vous avez pris ces décisions, le reste devient facile. Donc je rendrais ma décision l’année prochaine ». Enfin de compte, le Président Ouattara revient au point de départ avec, toutefois, une évolution sémantique : « Je me prononcerai l’année prochaine. Je consulterai avant de prendre ma décision, mais elle est presque prise ».

Un message à l’endroit du Président Ouattara

Observons que le « Ibrahim Governance Week-end » a invité six anciens Chefs d’Etat africains « exemplaires » en matière d’alternance démocratique et de bonne gouvernance. Il s’agit notamment du Ghanéen John Dramani. Le Dr Mo Ibrahim voulait-il faire passer un message à Alassane Ouattara ?

Selon plusieurs observateurs, la présence de ces présidents modèles en Côte d’Ivoire était, avant tout, pour montrer la voie au Président Ouattara, lui qui est poussé à un 3ème mandat par certains politiciens. Précisons que la fondation Mo Ibrahim promeut la bonne gouvernance politique et économique et veille au strict respect des principes et valeurs démocratiques dont le respect de la règle de la limitation des mandats.


Paula K. avec Alex Dimeco, Correspondant/Akody.com

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