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Culture : Rose Marie Guiraud et Allah Thérèse inhumées respectivement ce vendredi et samedi

Le monde des arts et de la culture ivoirienne a perdu deux pionnières Allah Thérèse et Marie-Rose Guiraud qui ont marqué l’industrie artistique depuis des générations par la qualité de leurs œuvres et leur engagement. La cantatrice Allah Thérèse sera inhumée le samedi 29 août 2020 dans son village natal, tandis que Rose Marie Guiraud est mise en terre ce vendredi 28 août. Retour sur le riche parcours de ces deux pionnières de la culture ivoirienne.   
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Allah Thérèse, un parcours plein d’endurance et de persévérance

Kouadio Allah Thérèse, mieux connue sous sa dénomination populaire "Allah Thérèse", née en 1950, est une chanteuse traditionnelle, originaire du village de Gbofia, dans la sous-préfecture de Toumodi (centre de la Côte d’Ivoire). Elle formait un duo musical avec son époux l’accordéoniste N’Goran la Loi.

Portant toujours la même coiffure appelée "Akôrou Koffié", Allah Thérèse est lead vocal d’un genre musical local dénommé "Agbirô" dans son village. C’est à l’occasion de manifestations funéraires qu’elle rencontre N’Goran la Loi, lui aussi lead vocal du même genre.

Depuis 1966, date à laquelle ils produisent leur première œuvre "Ahoumo N’Seli", Allah Thérèse et son mari N’Goran la Loi se produisent ensemble, l’une chantant et l’autre l’accompagnant à l’accordéon. Le couple a totalisé six albums dont le dernier "Doumi" a été réalisé en 2005.

Allah Thérèse, c’est toute une histoire, le passé de notre pays. La belle époque Houphouët-Boigny. Cette artiste est un vestige de l’histoire de la Côte d’Ivoire culturelle et musicale.

Le président de la République, Alassane Ouattara avait rendu un hommage mérité à Allah Thérèse, dont les chansons étaient très appréciées par Félix Houphouët-Boigny, ainsi que de tous les ivoiriens, à l’occasion de sa visite d’Etat dans la région du Bélier, à Toumodi.

Avec sa disparition, la culture ivoirienne perd une icône, une pionnière de la musique traditionnelle.

L’Etat ivoirien lui a octroyé, en signe de services rendus à la nation, grâce à sa forte contribution au patrimoine artistique et culturel, des actes de reconnaissances, à travers le département ministériel. Une distinction au rang de Chevalier de l’Ordre du Mérite ivoirien, en mai 2012, une pension présidentielle mensuelle de 300 000 FCFA depuis 2014 pour elle et dont bénéficiait également son époux feu N’Goran la Loi. Elle a reçu une maison à Toumodi, en 2014 et un véhicule neuf, en décembre 2019. Allah Thérèse a bénéficié d’une prise en charge entière des frais médicaux durant sa maladie et ses obsèques sont entièrement prises en charge par le Chef de l’Etat.

La cantatrice Allah Thérèse sera inhumée le 29 août 2020 dans son village natal.

Rose Marie Guiraud, un engagement jusqu’au bout

Née le 10 septembre 1944, à Ouyably Gloeta, dans la sous-préfecture de Kouibly, Rose Marie Guiraud a connu un itinéraire singulier. Elle a commencé sa carrière artistique à l’âge de quatre ans. Pour elle, la musique, la chanson et la danse sont divines.

Rose Marie Guiraud est la pionnière de la chorégraphie ivoirienne. Artiste de renommée internationale, de multiples talents. Danseuse, chorégraphe, actrice, chanteuse, auteure-compositrice, conteur, dramaturge, créatrice de costumes, anthropologue, maître de conférences, éducatrice et administrateur des arts et écrivain… Elle a, à son actif, six albums en solo. Elle parlait couramment quatre langues à savoir le wê, le malinké, le français et l’anglais.

Diplômée du Conservatoire royal de Liège en Belgique, Rose Marie Guiraud a fréquenté également l’école de la Comédie musicale à Paris, aussi bien que l’école de la danse américaine moderne et contemporaine. En 1973, elle a fondé l’École de danse et d’échanges culturels (EDEC) et la compagnie de danse ‘’Les Guirivoires’’. La culture ivoirienne et internationale perd une icône.

Rose Marie Guiraud a été élevée au grade de Commandeur de l’Ordre national de la République de Côte d’Ivoire. En 2013, son centre EDEC a été réhabilité par le ministère de la Culture et de la Francophonie par une subvention de 20 millions FCFA.

Depuis 2014 jusqu’à sa mort le 20 avril 2020, l’Etat de Côte d’Ivoire lui octroie la pension présidentielle mensuelle de 300 000 FCFA. Elle a bénéficié d’une prise en charge médicale de la part de la présidence de la République depuis 2018.

Les obsèques nationales de la pionnière de la chorégraphie en Côte d’Ivoire ont débuté le 19 août 2020, par la présentation des condoléances au domicile familial à la Riviera Palmeraie, suivie d’une prestation des Guirivoire, sa troupe artistique.

La levée de corps avec témoignages, oraison funèbre et honneurs militaires, suivie de l’inhumation au cimetière de Williamsville, est programmée pour le vendredi 28 août.


Blackson Dodo Sylvain, Correspondant/Akody.com

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