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MASA 2018 : Quand les servantes se révoltent à travers "les bonnes" au théâtre de la cité

Abidjan - La présentation lundi, de la pièce théâtrale " Les bonnes " par la troupe Dumanlé, au Théâtre de la Cité, constitue l'expression de la révolte des servantes et un appel à leur réserver un traitement meilleur vu leur importance, selon le metteur en scène, Aboulaye Sow.
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" L’importance de ces filles n’est plus à démontrer. Elles tiennent toute la vie de la maison entre leurs mains. L’éducation des enfants, la nourriture. Elles peuvent même nous tuer si elles le veulent. Je pense donc qu’elles méritent plus d’égard et un meilleur traitement ", a déclaré le metteur en scène.

S’inspirant de l’œuvre dramaturgique de l’écrivain français Jean Genet , " Les bonnes " parue en 1947, Aboulaye Sow a présenté en trois tableaux " La révolte" des bonnes qui en ont " assez d'être un objet de dégoût ". "Moi aussi je vous hais", finira par cracher vertement Claire, l’une des bonnes, à sa Madame.

Les deux bonnes sont, Claire, la petite sœur qui semble plus révoltée, excitée à l'idée de dominer son aînée dans le rôle d'assassine et Solange l'aînée, qui paraît plus réservée, inquiète du comportement de sa sœur, bien qu'elle y participe activement. Elles travaillent pour une riche femme, Madame, avec laquelle elles entretiennent une relation assez floue. Les deux bonnes s’habillent même avec les robes de leur maîtresse, lors de scènes où les personnages mélangent leurs rôles.

Un peu plus tôt, Claire avait rédigé une fausse lettre de dénonciation afin de faire emprisonner l'amant de Madame nommé Monsieur. Quelques temps après, Monsieur est libéré et donne rendez-vous à Madame. Les deux sœurs tentent alors de tuer Madame en lui faisant boire du thé empoisonné, pour éviter de se faire démasquer.

Mais Madame ne le boira finalement pas, malgré l'insistance de Claire. Lors de la scène finale, Claire joue le rôle de Madame, et boit le thé empoisonné, mourant réellement, mais assassinant ainsi symboliquement sa maîtresse. La pièce exprime un malaise identitaire. Claire et Solange se sentent emprisonnées et réduites à leur condition sociale.

Bien que posant la problématique du traitement inhumain réservé aux bonnes, la pièce ne manque pas de fustiger le comportement de ces bonnes qui maltraitent la patronne souvent fois trop "gentille " avec elles.

La compagnie Dumanlé est composée de jeunes passionnées d’art et diplômés de l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSACC) de Cocody, a-t-on appris.

akn/fmo/AIP

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