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Santé : Par manque de cadre légal, des femmes pratiquent des avortements dangereux dans des cliniques "boutique", les autorités interpellées

Chaque année de nombreuses femmes perdent la vie à cause d’un avortement pratiqué clandestinement très souvent dans des conditions difficiles. Une enquête nationale sur les femmes de 15 à 49 ans dévoile le nombre important des femmes ayant pratiqué un avortement et les décès liés à cette pratique s’accroissent au fil des années.   
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Cette enquête a prouvé que 4 à 5 % des femmes en âge de procréer ont eu recours à un avortement, soit entre 210.000 et 288 000 avortements par an. 43 % des enquêtées ont reconnu avoir eu recours à un avortement provoqué, pratiqué dans la majorité des cas, dans des conditions sanitaires risquées. 

Pour pratiquer ces avortements à haut risque, elles se dirigent vers les cliniques ‘’boutique’’ des quartiers, pour en sortir au mieux des cas avec une ablation de l’utérus. Ces mouroirs, dépourvus d’appareils requis pour la pratique, pullulent dans les rues de nos villes. C’est bien souvent dans ces lieux qu’est pratiquée la majorité des avortements clandestins, au vu et au su des autorités. 

Ces interventions sans anesthésie locale ou générale sont pratiquées par des personnes non formées qui appliquent des méthodes dangereuses telles que l’insertion de corps étrangers ou prescrivent des « pilules abortives » aux patientes.

A Abobo, Adjamé, Yopougon, Treichville… dans le District d’Abidjan, des avortements moins sécurisés sont réalisés en clinique avec des méthodes désuètes, par des praticiens non compétents. Ces établissements sanitaires privés ont pions sur rue, par marque de cadre réglementaire sur la question en Côte d’Ivoire.

Selon la Vague II du rapport 2018 de Performance Monitoring & Accountability (PMA 2020), les avortements clandestins par an en Côte d’Ivoire, se chiffrent entre 209 380 et 288 252 et concernent les femmes âgées de 15 à 49 ans de toutes les couches sociales, tant en zone urbaine qu’en zone rurale. 

L’enquête PMA-2020 (Performance Monitoring and Accountability 2020) révèle également que la Côte d’Ivoire a l’une des lois les plus restrictives sur l’avortement dans le monde. Cette absence de cadre légal pousse certaines femmes à recourir à l’avortement clandestin.

Même si un plaidoyer pour favoriser l’avortement sécurité est en cours en Côte d’Ivoire dans le cadre de l’adoption du protocole de Maputo, le pays ne dispose pas de loi sur l’avortement. Le nouveau Code pénal autorise toutefois l’avortement si la vie de la mère est en danger, sur avis de trois (3) médecins qui doivent l’attester en cas de viol, d’inceste ou de malformation du fœtus.

L’article 14 du protocole de Maputo met pourtant à la charge des Etats parties « l’obligation de donner accès à l’avortement médicalisé aux femmes et aux filles enceintes à la suite d’un inceste, d’un viol ou toute autre forme d’agression sexuelle ou lorsque la santé mentale ou physique de la femme ou de la fille enceinte est en danger ou encore lorsqu’il y a risque pour la vie de la femme ou du fœtus ».

Après l’avoir ratifié, la Côte d’Ivoire a publié le protocole de Maputo dans le journal officiel du 05 janvier 2012 à travers le décret numéro 2016-226. Mais le pays tarde encore à le faire appliquer dans toute sa sagacité, d’où le plaidoyer que mène l’Action contre les Grossesses non Désirées et à Risque (AGnDR), auprès des autorités pour l’application (totale) du protocole de Maputo en Côte d’Ivoire.


Blackson Dodo Sylvain, Correspondant/Akody.com

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