Eviter à tout prix un affrontement !

A un mois et demi de la présidentielle au Gabon, la tension est montée de plusieurs crans depuis que le président sortant, Ali Bongo Oudimba, a déposé son dossier de candidature. C'était le 9 juillet dernier où, en signe de démonstration de force, Bongo fils a mobilisé plusieurs milliers de sympathisants à Libreville, la capitale.

La réaction de ses adversaires politiques ne s'est pas fait attendre, puisque, dès le lendemain, soit le 10 juillet dernier, ils ont aussi organisé un meeting de protestation, estimant que le président Ali Bongo n'a pas le droit de briguer un nouveau septennat à cause d'un litige sur son acte de naissance et sa nationalité jugée douteuse. Morceaux choisis : « Maintenant, levez-vous pour empêcher que sa candidature ne soit pas validée par la CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente).


Allons ensemble, dès demain, déposer des protestations car, nous sommes, et vous et nous, prêts à en découdre. Nous allons faire partir celui (Ali Bongo) dont le bilan se caractérise par 0+0=0 ». La couleur est ainsi annoncée. La situation sociopolitique au Gabon risque de se dégrader davantage au fur et à mesure que nous nous approchons de la présidentielle du 27 août prochain. Car, à l'allure où vont les choses, il faut craindre un affrontement entre les pro et anti-Bongo, avec ce genre de meetings et contre-meetings qui n'en finissent pas. Ce scénario rappelle exactement ce qui s'est passé au Burkina Faso où face à l'aveuglement démesuré de Blaise Compaoré de s'éterniser au pouvoir, on avait assisté, comme à l'opéra, à des marches et contre-marches sur fond de stades remplis « recto verso ». La suite, on la connaît, puisque le peuple a fini par triompher. Mais comme Ouagadougou n'est pas Libreville, on ne sait trop ce que pourra nous réserver cette bagarre autour de la candidature d'Ali Bongo que d'aucuns présentent à tort ou à raison comme un enfant nigérian adopté par Feu Omar Bongo à la fin des années 1960. Alors, que faire ?
 
Le pire serait pour le président Ali Bongo de vouloir opérer un passage en force
 
La communauté internationale, notamment l'Union africaine (UA) et la communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), sont interpellées. Il urge de trouver un médiateur pour le Gabon pour tenter, pendant qu'il est encore temps, d'aplanir les difficultés. Car, faut-il le dire, le pire serait pour le président Ali Bongo de vouloir opérer un passage en force, sans prendre en compte les desiderata de l'opposition. Non seulement, le scrutin présidentiel qui se profile à l'horizon pourrait provoquer une grave crise sociopolitique avec toutes les conséquences qui vont avec, mais aussi il risque de diviser les Gabonais, comme ce fut le cas en Côte d'Ivoire où avec l'avènement de « l'ivoirité », on distinguait d'un côté les « Ivoiriens de souche » et de l'autre des « Ivoiriens de seconde zone ».

Toute chose qui serait préjudiciable à l'unité et à la cohésion nationales. En fait, si l'on n'était pas au Gondwana où la justice est inféodée aux princes régnants, on s'en remettrait tout simplement à la décision du juge constitutionnel qui trancherait en toute souveraineté. Mais, comme on le sait, chez nous, en Afrique, il n'existe pas de devoir d'ingratitude envers celui-là qui vous a promu à un haut poste de responsabilité. Si l'on n'était pas au Gondwana, un référendum pourrait être organisé, qui amènerait la population à se prononcer en toute sincérité. Mais hélas, tout cela n'est pas envisageable et c'est bien là le malheur des républiques bananières.
 
B.O / le pays

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