"Il n'y a plus que des bruits de balles qui retentissent dans ma tête"

"C'était l'enfer", "irréel", "surréaliste"... Les témoignages des six attaques terroristes simultanées qui ont été menées à Paris et aux abords du Stade de France vendredi soir font état de scènes de guerre au cœur de la capitale française.

Huit assaillants sont morts, dont sept en se faisant exploser, dans cette série d'attentats perpétrés vendredi soir à Paris dans la salle de concerts du Bataclan, dans plusieurs rues du cœur de la capitale, et près du Stade de France, à Saint-Denis.

Dans la salle de spectacle du Bataclan, théâtre de l'attaque la plus sanglante avec un bilan provisoire de 82 morts, "on entendait hurler, tout le monde essayait de fuir, les gens se piétinaient... C'était l'enfer", ont relaté des témoins.

"C'est irréel de sortir de la salle et de voir des cadavres", déclaré à l’AFP Benoît Werner, qui était au balcon du Bataclan avec son frère et a vu un des tireurs "à cinq mètres". "On s'est retrouvé face au type et il ne nous a pas tiré dessus". À quoi ressemblait-il ? "À Monsieur Tout-le-monde avec une kalachnikov." Et d’ajouter : "On s'est allongé entre les sièges, on a rampé. J'attendais au bout du couloir et c'est là que j'ai vu le terroriste".

Cachés pendant deux heures à 25 dans une pièce

Une jeune femme explique qu'elle était "près de la scène", qu'elle a "voulu escalader". "On avait une chance sur deux de se prendre une balle en montant sur la scène. On a réussi à s'échapper par une porte et à se cacher pendant deux heures à 25 dans une pièce […] Il n'y a plus que des bruits de balles et de carnage qui retentissent dans ma tête".

"On entendait les gens crier, les otages surtout, et les menaces des ravisseurs: ‘Regarde-moi’, ils disaient", racontent Charles et Nicolas, 34 ans, qui étaient eux aussi à l’intérieur de la salle.

"Quand ça a commencé, on croyait que c'était des effets pyrotechniques ou scéniques. On a vu la foule se masser sur le devant de la scène, alors on a essayé de passer par les loges qui étaient bloquées. Du coup, on est allé dans les toilettes, on a défoncé le plafond et on s'est réfugié dans le faux plafond avec une vingtaine d'autres personnes". "Mais la vie continue, on cèdera pas à la peur, on les emmerde", jurent les deux amis. "Mardi, je vais à un concert. Keep Rocking !"

"Ma copine Claire fêtait l'anniversaire de sa meilleure amie au concert, témoigne Yvan Pokossy, un organisateur de soirées de 24 ans. On n'a aucune nouvelle, les téléphones sont sur répondeur. Je devais me fiancer avec elle dans trois semaines, je ne sais pas si je la reverrai […] C'est une fierté pour eux de tuer des gens comme ça ? C'est pas humain."

"C'était surréaliste, tout le monde était à terre, personne ne bougeait"

Rue Bichat, dans un restaurant, Le Petit Cambodge, "c'était surréaliste, tout le monde était à terre, personne ne bougeait", a relaté une femme. "Une fille était portée par un jeune homme dans ses bras. Elle avait l'air morte."

Un peu plus loin dans la capitale française, dans le XIe arrondissement, des tireurs ont également ouvert le feu. "J'ai vu une Ford Focus noire qui tirait, à l'angle de la rue de la Folie-Méricourt et de la rue Fontaine au Roi, sur la terrasse du restaurant Cosa Nostra. Il y a eu plusieurs rafales. J'ai vu une vingtaine de douilles par terre", rapporte un témoin.

"La terrasse était bondée, une vingtaine de personnes", selon Julia, qui passait devant le bar La Belle Equipe, rue de Charonne. "On allait rentrer chez nous et on a entendu des tirs des rafales par à-coups durant environ une ou deux minutes. C'étaient des tirs lents. On est revenu et on a vu des gens allongés, des gens en sang."

Aux abords du Stade de France, où plusieurs explosions ont eu lieu Yassine, 23 ans, travaille dans un restaurant visé par l'une des attaques. Il avait fini son service dix minutes plus tôt. "J'ai vu un corps en pièces détachées. Est-ce que je suis choqué ? Pas plus que ça. Pour nous, ça change rien : la seule chose, c'est que les gens vont nous regarder encore plus mal qu'avant. Depuis toujours les attentats nous salissent, nous, notre religion", dit-il.

François Hollande : "C'est une horreur"

Quatre des assaillants sont morts au Bataclan, dont trois en actionnant une ceinture d'explosifs, le dernier étant tué lors de l'assaut des forces de l'ordre. Au Stade de France, trois kamikazes sont morts, et un autre boulevard Voltaire.

Au Bataclan, l'assaut a été décidé "très vite parce qu'ils tuaient tout le monde", a confié une source proche de l'enquête. Les auteurs de cette attaque ont invoqué l'intervention française en Syrie pour justifier leur action, a relaté un témoin à l'AFP. Samedi un peu avant l'aube, des équipes de la police scientifique s'affairaient devant l'établissement, près de corps recouverts de draps blancs.

François Hollande s'est rapidement rendu à la salle de spectacle, où il a affirmé que "le combat serait impitoyable" contre "la barbarie". Auparavant, dans une allocution télévisée, le chef de l'État avait déclaré l'état d'urgence dès samedi 00h00 "sur le territoire métropolitain et en Corse", d'après le décret daté de samedi paru au Journal officiel.

"C'est une horreur", "des attaques terroristes sans précédent", a-t-il lancé. L'Élysée a annoncé la mobilisation de "1 500 militaires supplémentaires" et le renforcement des contrôles aux frontières.

Avec AFP

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