International : Média, décès ce lundi de Bechir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique

Bechir Ben Yahmed n’est plus ! Le fondateur de Jeune Afrique a rendu l’âme ce lundi 3 mai 2021 des suites de la covid-19 à l’âge de 93 ans, a annoncé lundi le magazine. L’homme de presse est mort à Paris, où il était hospitalisé depuis la fin du mois de mars après avoir été contaminé par le coronavirus, précise le mensuel dans un communiqué.   

Bechir Ben Yahmed est décédé ce lundi 3 mai à l’hôpital Lariboisière, à Paris, des suites du Covid-19. Jusqu’à son hospitalisation, fin mars, cet ancien élève de HEC natif de l’île tunisienne de Djerba aura délibérément refusé de porter le masque et de se faire vacciner, tout en continuant de vouloir serrer la main à ses interlocuteurs. Ainsi disparaît, à 93 ans, le patron de Jeune Afrique, le seul news magazine panafricain pouvant s’enorgueillir d’avoir franchi le cap des 60 ans.

Jeune Afrique, une histoire

L’aventure commença à Tunis le 17 octobre 1960 – année phare de l’indépendance de 17 pays africains – sous la dénomination Afrique Action, avant de se poursuivre l’année suivante, après une escale à Rome, à Paris sous l’appellation Jeune Afrique. 

Militant du Néo-Destour aux côtés de Habib Bourguiba, Bechir Ben Yahmed avait été, très jeune, ministre dans le premier gouvernement de la Tunisie indépendante. Mais la tentation du journalisme l’habitait déjà : en 1956, il lançait l’hebdomadaire L’Action puis, en 1960, Afrique Action qui, un an plus tard, allait devenir Jeune Afrique.

Plusieurs journalistes et auteurs de renom ont démarré leur carrière ou ont longtemps collaboré à Jeune Afrique : Frantz Fanon, l’écrivain Kateb Yacine, le futur académicien Amin Maalouf (Prix Goncourt 1993 pour Le Rocher de Tanios), Josette Alia, Guy Sitbon, Leïla Slimani (Goncourt 2016 pour Chanson douce)... Et surtout Jean Daniel, qui raconte dans ses mémoires combien il doit la vie à Béchir Ben Yahmed, venu à sa rescousse alors qu’il était gravement blessé lors d’affrontements entre soldats tunisiens et français en juillet 1961 à Bizerte. Il s’en est suivi une longue amitié entre les deux patrons de presse jusqu’à la disparition du fondateur du Nouvel Observateur, en février 2020.

Jeune Afrique et attentats

Au cours de son histoire sexagénaire, le journal a connu quatre attentats ou tentatives d’attentats terroristes. Le premier, en 1961, fut attribué à l’Organisation de l’armée secrète (OAS), favorable à la présence française en Algérie. Le deuxième au groupuscule d’extrême droite Charlemagne. En 1979, des pains de dynamite ont été découverts et désamorcés à la rédaction. Et en mars 1986, une partie des locaux a été soufflée par la déflagration d’une bombe, un attentat probablement commandité par l’entourage immédiat de Mouammar Kadhafi.

La succession

Il avait aussi commencé à « ranger ses affaires » dans la perspective d’organiser sa succession. Plusieurs solutions s’offraient à lui : confier la gestion du groupe Jeune Afrique à une fondation d’Afrique subsaharienne ; transmettre le témoin au directeur de la rédaction et fidèle compagnon de route, François Soudan ; procéder à une succession héréditaire en remettant le gouvernail à ses deux fils, Amir et Marwane Ben Yahmed, respectivement âgés de 49 et 44 ans. C’est, finalement, cette dernière solution qu’il a choisie.


Blackson Dodo Sylvain, Correspondant/Akody.com

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