Jeux olympiques à Paris : tous les détails de la facture

En 2024 ou 2028, Paris est assuré d'organiser les Jeux Olympiques. Le Comité International Olympique a annoncé ce mardi avoir retenu le principe d'une double candidature de Paris et Los Angeles pour les prochaines échéances olympiques. Mais que contient le budget prévisionnel présenté par le comité de candidature français ?

Jour J(O) -64 ! Ce n’est que le 13 septembre que l’on saura qui, de Paris ou de Los Angeles, recevra les Jeux olympiques de 2024. Le Comité Internationale Olympique rendra sa décision à la suite d’un vote de l’ensemble de ses membres réunis pour l’occasion à Lima, au Pérou.

Présent à Lausanne pour soutenir la candidature française mercredi 10 juillet, Emmanuel Macron a déclaré que « la France était prête ». Le projet présenté par Paris est abouti, et financé. Mais après les dérapages financiers de Londres et Rio, faut-il s’attendre à pareille conséquence si la candidature de Paris est retenue ?

Quel est le montant du budget prévu ?

C’est le montant du budget prévisionnel présenté par le comité de candidature de la ville de Paris, et 1,3 milliard de plus que ce Los Angeles propose d’investir. La cité californienne ne prévoit de dépenser que 4,9 milliards d’euros.

On reste toutefois loin du niveau de dépenses des précédente Jeux. Pour ses JO, Londres avait dû débourser près de 10,2 milliards d’euros. Quant à Rio, le montant de la facture s’élèverait à 11,5 milliards d’euros selon les estimations de la Cour des comptes brésilienne, le chiffre définitif n’étant toujours pas connu.

SI les JO de Paris coûtent a priori si peu cher, c’est que la capitale peut s’enorgueillir de nombreux équipements sportifs. 95 % des installations nécessaires à l’organisation des JO existent déjà ou ne seront que temporaires.

Quels sont les équipements déjà financés ? 

Parmi ceux-ci, 28 sites font partie du patrimoine sportif parisien. C’est le cas des cours de Roland-Garros, du Vélodrome national ou encore du Stade de France, reconverti pour l’occasion en stade olympique.

Le Comité d’organisation des JO entend bien valoriser ces infrastructures, comme de hauts lieux de la capitale. La Tour Eiffel, le château de Versailles ou encore les Invalides accueilleront quant à eux des installations temporaires. Respectivement pour le marathon, l’équitation et le tir à l’arc.

Seules trois grandes infrastructures restent donc à construire pour accueillir l’évènement. Le Paris Arena II, une salle polyvalente dont la construction était déjà prévue indépendamment de la candidature française aux JO, le village olympique et des médias et le Centre aquatique.

Qui va payer pour les JO ?

D’abord, il y a le budget d’organisation des Jeux olympiques. C’est le budget COJO (pour Comité d’organisation des jeux olympiques). « Il est quasi-exclusivement financé sur fonds privés, explique Christophe Lepetit, économiste du sport au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges. Le CIO verse une contribution de 1,6 milliard de dollars et derrière, ce sont des recettes de billetterie, de sponsors locaux, etc. »

Ensuite, il y a le budget de SOLIDEO, c’est-à-dire de livraison des équipements olympiques. « Ce dernier comprend pour moitié des dons privés, ajoute l’économiste du sport. Des promoteurs immobiliers qui livrent des équipements non-sportifs et qui se rembourseront par la vente de ces espaces. Et puis un financement public par l’État et les collectivités locales. » Ce ne sera donc pas au contribuable de supporter le coût des Jeux, du moins en majeure partie.

Quelles retombées économiques peut-on attendre ?

Selon les chiffres officiels, les Jeux olympiques, s’ils étaient attribués à Paris, pourraient engendrer 5,6 à 10,7 milliards d’euros de retombées économiques. Des chiffres à nuancer toutefois, car l’étude qui les a établis a estimé l’impact des JO sur le territoire franciliens sur 17 ans, de 2017 à 2034.

« Mais ce n’est pas sur ces chiffres qu’on jugera que l’accueil des Jeux olympiques était une bonne opportunité », indique Christophe Lepetit. Les Jeux, c’est avant tout l’occasion de rénover et de financer de nouvelles infrastructures.

En la matière, l’héritage de Paris 2024 se fera pour bonne part en Seine-Saint-Denis. Ce territoire défavorisé accueillera les deux équipements que la capitale doit encore construire pour accueillir les JO, à savoir le village olympique et le Centre aquatique.

Les retombées devraient alors être conséquentes pour le département. Après la compétition, le village olympique devrait être reconverti en logements sociaux et en bureaux, et engendrer des recrutements locaux. Sans compter les équipements non-sportifs dont la Seine-Saint-Denis devrait profiter, notamment dans le domaine des transports.

« L’héritage économique et social des Jeux peut être extrêmement conséquent, précise Christophe Lepetit. À condition que le projet s’intègre dans un projet social. Mais il me semble que ces sujets sont pleinement pris en considération. »


Thomas MOYSAN / ouest-france.fr

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