Législatives : quelques couacs au démarrage pour La République en marche

Alors que l'identité des 577 candidats de La République en marche aux élections législatives devait être révélée jeudi, la liste publiée ne comportera finalement que 450 noms environ.
Le suspense devait prendre fin, jeudi 11 mai, avec la publication des noms des 577 candidats choisis par le mouvement d’Emmanuel Macron pour les élections législatives. On allait enfin savoir quelles figures du Parti socialiste ou du parti Les Républicains avaient fait le choix de rallier En Marche !, devenu La République en marche en vue du scrutin législatif. Mais patatras ! Il va encore falloir attendre puisque l’identité d'"environ 450" candidats seulement sera publiée en début d’après-midi, a annoncé mercredi soir le président de la Commission d’investiture Jean-Paul Delevoye.

À huit jours de la fin du dépôt légal des candidatures en préfecture, le 19 mai, le temps presse. Mais les CV ont afflué depuis trois jours dans la foulée de l'élection d’Emmanuel Macron, avance son entourage, parmi lesquels celui de l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls.

Alors que le parti avait déjà passé en revue quelque 15 000 dossiers remplis en ligne depuis le 19 janvier et que la Commission semblait toucher au but, elle doit "étudier cette nouvelle donne", selon un cadre du mouvement.


"L'idée, contrairement à ce que l'on dit, n'est pas d'humilier ni de brutaliser ces candidatures", poursuit-il. "Au contraire, cela nous oblige à les analyser et à être prudent sur un certain nombre de circonscriptions."

La dizaine de membres de la Commission devra donc se pencher sur ces cas jeudi et vendredi, en tâchant de faire respecter les principes édictés par Emmanuel Macron : renouvellement, parité, probité, pluralité politique et accord avec le projet, en signant son "contrat avec la Nation".

Pas de bon choix pour le cas Manuel Valls

Ce report illustre les limites, ou du moins les hésitations du système En Marche !, une machine qui a paru jusqu’à présent plutôt bien huilée. Le cas Manuel Valls est, de fait, tout à fait symbolique. Alors que l’ancien Premier ministre a publiquement fait acte de candidature en début de semaine, plusieurs membres éminents de l’entourage d’Emmanuel Macron ont déclaré mercredi qu’il ne pourrait pas prendre l'étiquette La République en marche dans sa circonscription de l’Essonne. Le discours évolué depuis : son cas ferait partie de la centaine de décisions restant en suspens.

Emmanuel Macron est ici confronté à un choix délicat : accepter le ralliement d’une personnalité symbolisant le quinquennat de François Hollande et défait par Benoît Hamon à la primaire de gauche ou bien lui fermer la porte en risquant d’être accusé de faire du rassemblement de façade. Chez Les Républicains, on ne cesse d’ailleurs de souligner depuis mercredi l’humiliation subie par Manuel Valls.


"Cette scène où on claque la porte à la figure d'un ancien Premier ministre de la France qui vient, après avoir soutenu le candidat qui a été élu, demander à être investi, m'est apparu d'une grande violence, a déclaré Bernard Accoyer, jeudi 11 mai, sur RFI. Et je crois que derrière l'image souriante que l'on donne de ce nouvel exécutif, il faut aussi voir qu'il y a peut-être malheureusement des penchants que l'on connaît lorsque l'on accède au pouvoir."

Lors de cette même interview, le secrétaire général de LR a par ailleurs moqué les "appels du pied" de La République en marche, qui tente selon lui depuis plusieurs jours de "proposer des débauchages individuels" aux élus LR et UDI, mais sans succès.

Si cela se confirme, il s’agirait ici d’un autre couac pour le mouvement d’Emmanuel Macron, qui espérait trouver un équilibre entre ralliés venant de la gauche, du centre et de la droite. Or, non seulement la balance penche à gauche, mais le seuil même des 50 % d’élus candidats aux législatives ne devrait pas être atteint, comme l’a reconnu le porte-parole Benjamin Griveaux, mercredi soir, sur le plateau de "C à Vous". On le voit : la République n’est pas encore tout à fait en ordre de marche.


france24

Laisser un commentaire

PEAK : 1723176 : 1.64 mb
MEMORY : 1517608 : 1.45 mb
x

Ce site web utilise des cookies

Notre site Web utilise des cookies et collecte votre adresse IP pour diffuser et améliorer notre contenu Web. Les cookies et les adresses IP nous permettent de vous offrir une expérience personnalisée. More

Akody peut utiliser des cookies et mon adresse IP pour collecter des statistiques et fournir des offres personnalisées dans le respect de la politique de confidentialité et des conditions d'utilisation. Akody peut utiliser des services tiers à cette fin. Je peux révoquer mon consentement à tout moment en visitant l'option de retrait.