Présidentielle 2017: les positions des onze candidats sur les thèmes du débat

A 19 jours de la présidentielle française, les onze candidats se sont affrontés ce mardi soir lors d'un débat télévisé diffusé en direct sur les deux chaînes d'infos en continu BFMTV et CNews. Un débat centré sur les thèmes cruciaux de l'emploi, de la sécurité et du social, qui a duré quatre heures. 
 
Premier à s'exprimer, Nicolas Dupont-Aignan a ouvert les hostilités avec une première allusion aux affaires qui ont secoué la campagne, en attaquant indirectement son rival à droite François Fillon : « J'ai toujours servi les Français sans jamais me servir », a-t-il lancé. Chargés comme les autres candidats de répondre à la question « Qui êtes-vous ? », Emmanuel Macron et Marine Le Pen, favoris des sondages pour accéder au second tour, se sont présentés respectivement comme le candidat de « l'alternance véritable » et celle d'un « projet précis, ni dans le flou ni dans le mensonge ».


Candidat du « redressement », François Fillon se veut celui qui « devra restaurer la fierté nationale et se tenir aux côtés des Français qui réclament de l'ordre et de la sécurité ». Quant à Benoît Hamon, le socialiste se veut « un président qui sait pour qui il se bat », « honnête, combattant, humain ». En hausse dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon s'en est lui pris à « la finance », qui « doit rendre l'argent » et « payer le retour au plein emploi », en se disant « prêt à gouverner ».

Philippe Poutou refuse la photo

Première tentative de coup d'éclat, juste avant le début de l'émission: Philippe Poutou a ostensiblement boudé la photo de groupe, même quand Emmanuel Macron est venu le chercher pour le faire rejoindre les dix autres candidats. Le même s'est décrit comme « le seul », avec Nathalie Arthaud, à avoir un « travail normal », en fustigeant le capitalisme, les « ultra riches » et les « politiciens corrompus », visant là aussi François Fillon en premier lieu.

Des divisions sur l'emploi

La question de la suppression ou non de la directive européenne sur les travailleurs détachés a donné lieu à une passe d'armes entre Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Nicolas Dupont-Aignan. « Du premier jour de mon élection, je supprimerai la directive travailleurs détachés, c'est inacceptable que des personnes viennent de Roumanie, de Pologne, d'Espagne et ne payent pas les charges sociales quand nos artisans, nos indépendants les payent », a déclaré le président de Debout la France.

A la fin de l'intervention de Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen a répondu n'avoir « évidemment pas voté » ce texte au Parlement européen. Ce à quoi Jean-Luc Mélenchon a répliqué « il fallait voter contre ». Devant Mme Le Pen et M. Mélenchon hochant la tête, Emmanuel Macron a ajouté que « le problème, c'est le travail détaché illégal ». « Non », a réagi la candidate du Front national. « Jamais de la vie, non, monsieur Macron, c'est trop facile », a poursuivi celui de La France insoumise.

Macron et Fillon attaquent Le Pen sur la sortie de l'euro

« Ce que vous proposez madame Le Pen, c'est en effet de la baisse de pouvoir d'achat pour les Français, parce qu'avec la sortie de l'euro pour les épargnants, les travailleurs, ce sera une baisse de pouvoir d'achat. Ce que vous proposez, c'est la guerre économique » a déclaré Emmanuel Macron.

« Monsieur Macron, on ne se présente pas comme la nouveauté quand on ressort des vieilles badernes qui ont au moins 50 ans ! », a répondu la candidate du Front national, qui avait d'abord réagi en levant les yeux au ciel et en soupirant ostensiblement. Juste après, François Fillon a rappelé que Marine Le Pen souhaitait interroger les Français par référendum à l'issue de la négociation de six mois avec l'UE qu'elle prévoit.

Mélenchon et Hamon pas d'accord sur l'Europe

Après avoir mentionné un « point d'accord » qui est que « l'austérité, ça ne tient plus » dans l'Union européenne, Benoît Hamon a exprimé « un désaccord » avec celui avec qui il a échoué à forger une candidature unique. « Là où vous mettez très haut la barre des menaces, il aurait fallu que vous mettiez très haut la barre des solutions. Ça manque de solutions, votre programme sur l'Europe », a estimé le candidat PS. « C'est la raison pour laquelle ça finira au plan B, c'est ma conviction. Moi ma conviction c'est que le chemin que vous proposez c'est la sortie de l'euro et de l'Europe », a-t-il conclu.  « Vous avez gouverné l'Europe avec la droite, donc venez pas me saouler maintenant », a répliqué l'eurodéputé Mélenchon.

Poutou incisif contre Marine Le Pen

Si le thème du terrorisme a permis à chacun de dérouler des points attendus du programme, celui de l'exemplarité en politique a permis de rediriger les piques vers François Fillon et Marine Le Pen, à l'image d'un Philippe Poutou particulièrement en verve. « Il y a madame Le Pen qui pique dans les caisses publiques. Pour quelqu'un d'anti-européen, ça ne la gêne pas de piquer dans les caisses de l'Europe », a déclaré le candidat trotskiste.

« Quand nous on est convoqués par la police, on n'a pas d'immunité ouvrière, donc on y va », a-t-il lancé à Marine Le Pen, qui a refusé de se rendre à une convocation chez le juge d'instruction dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants du FN au Parlement européen.

Les « petits » candidats entendus

« Je veux faire entendre les intérêts des travailleurs (...) et j'inclus les chômeurs qui sont condamnés à ne pas travailler ; et j'inclus les retraités qui sont étranglés par le
grand capital », a notamment déclaré Nathalie Arthaud, candidate LO. De son côté, François Asselineau (UPR) a fait remarquer qu'il avait « découvert [en accompagnant François Mitterrand et Jacques Chirac], que les dirigeants français n'ont plus
les manettes, avant d'ajouter les grandes décisions sont prises par la Commission européenne, la banque centrale européenne et l'Otan ».

Enfin, Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès) s'est prononcé en faveur d'une « nouvelle économie dans le monde, qui ne soit plus sous le diktat des marchés financiers » et Jean Lasalle, candidat indépendant, contre l'organisation d'un « Frexit, car la France est déjà suffisamment fracturée ».

Avec AFP

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